‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 210 sur 520 · S. Athanase, yUa S. Ânionii, 44, P. G., XXVI · texte numérisé non relu

S. Athanase, yUa S. Ânionii, 44, P. G., XXVI

les anciens, mais ils étaient fort rares. Un frère, qui était loin de posséder un privilège aussi enviable, confiait à un vieillard la peine qu'il en éprouvait. « Il m'arrive souvent, lui dit-il, d'interroger les Pères pour obtenir d'eux une parole utile à mon âme. Mais il m'est impossible de retenir ce qu'ils me disent. » L'ancien, qui avait dans sa cellule deux vases vides, dit au jeune frère : « Prends l'un de ces vases, va le remplir d'eau; puis, après l'avoir nettoyé, tu le videras, et tu le remettras bien propre à sa place. » Le frère fit cette opération une première et une seconde fois. M mit les vases l'un à côté de l'autre, sur un ordre de l'ancien, qui lui demanda : « Quel est le plus propre des deux? — Celui que j'ai rempli d'eau et nettoyé, répondit-il. — Ainsi en est-il d'une âme, remarqua l'ancien, qui écoute souvent la parole de Dieu. Elle ne conserve peut-être rien de ce qui lui est dit, mais elle obtient une pureté supérieure à celle d'une âme qui n'interroge jamais personne pour entendre la parole du salut*. »

Cet ancien, pour éclairer son jeune interlocuteur, avait employé un procédé fort en honneur spécialement parmi les moines de Scété, qui recouraient volontiers aux leçons de choses. Notre-Seigneur et les écrivains inspirés s'étaient maintes fois servis de cette méthode d'enseignement, qu'on peut nommer parabolique, pour exprimer leurs pensées avec plus de force et de grâce.' Elle devait fortement impressionner des natures simples et méditatives. Les yerha Seniorum en conservent de nombreux exemples ^ En voici quelques-uns.

Les Pères de Scété étaient réunis pour conférer ensemble de la vie de quelques-uns d'entre eux et de divers sujets. L'abbé Pior gardait un profond silence. 11 se leva tout d'un coup, prit un sac, et sortit; après l'avoir rempli de sable, il le chargea sur son dos; il remplit encore de sable un linge de petite dimension, qu'il porta devant lui. Les moines lui demandèrent ce que cela voulait dire. « Le sac, qui porte une grande quantité de sable, leur répondit-il, représente mes péchés, qui sont très nombreux; je les rejette sur mon dos, car je ne veux point les voir pour les regretter et les pleurer. Et voyez comment j'ai mis sous mes yeux les quelques fautes de mon frère; elles me tourmentent afin que je le condamne. Mais ce n'est pas ainsi qu'il faut juger. Ce sont mes péchés qui

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