yerba seniorum, 178, P. L., LXXIII
2. Id., 1. X, 37, p. 35, 65, etc., P. L., LXXill, 918-919, 922, 923, }o6, 772,
l'enseignement ascétique 229
doivent être mis devant moi, afin que je puisse les considérer et prier Dieu de me faire miséricorde. — La voie que tu nous indiques, dirent les Pères, est vraiment une voie de salut 1. »
L'abbé Poemen, un autre abbé plus ancien que lui, nommé Nub, et cinq autres Pères fuyaient le désert de Scété, lorsque les Barbares qui l'envahirent eurent massacré un grand nombre de moines. Ils arrivèrent à Thérenuthi, où il y avait un temple abandonné, dans lequel on voyait encore une idole. Ils restèrent là sept jours en attendant que Dieu leur fît connaître la partie de l'Egypte où ils devaient se retirer. L'abbé Nub dit à ses compagnons : « Que chacun de nous pendant cette semaine vive dans la retraite, sans adresser la paroleà personne. » Quant à lui, il allait tous les matins dans le temple jeter des pierres contre l'idole; il s'y rendait encore le soir, et on l'entendait lui dire : « J'ai eu tort, 'pardonne-moi. » Cela se renouvela tous les jours de la semaine. Les moines se réunirent selon leur coutume le samedi pour vaquer ensemble au service divin. L'abbé Poemen demanda à l'abbé Nub : « Qu'as-tu donc fait durant toute la semaine? Pourquoi demander pardon à une idole, toi qui es chrétien ? » Le vieillard lui répondit : « C'est à cause de vous que j'ai fait cela. Dites-moi, est-ce que cette idole, quand je lui jetais des pierres, a prononcé un seul mot ou s'est mise en colère ? Lorsque je lui ai demandé pardon, s'est-elle enorgueillie? — Évidemment non. — Eh bien ! mes frères, nous voilà au nombre de sept; si vous voulez que nous habitions ensemble, prenons cette idole pour modèle. Que personne ne se fâche s'il est injurié ; que nul ne s'enorgueillisse lorsqu'on lui fait des excuses ^ »
On demandait un jour à un ancien ce qu'il fallait faire pour être sauvé. Il commença par se dépouiller de ses vêtements, et par prendre une ceinture; puis il étendit les bras. « Le moine, dit-il alors, doit se dépouiller de tous les biens du siècle et se crucifier contre la tentation et les combats du monde 3. »
L'abbé Isaïe voulut donner aux frères une leçon de choses. C'était le temps de la moisson. Il prit une branche à la main et se rendit à l'aire où un fellah triait son grain. « Donne-moi du blé, lui dit le moine. — Aurais-tu fait la moisson, abba? — Non. — Pourquoi donc veux-tu recevoir une provision de blé, puisque tu n'as point moissonné ? — Celui qui n'a pas moissonné ne peut donc