Hom., XV, XVI, XXVII, XXXVIII, XL
L ENSEIGNEMENT ASCETIQUE 237
Aphraat, le plus ancien des Pères de l'Église syriaque i, s'adresse souvent à des ascètes dans ses vingt-trois Démonstrations. La sixième, qui a pour titre D^ monacUs, expose brièvement la dignité et les obligations delà vie monastique. Saint Ephrem, le plus populaire et le plus éloquent des Pères syriaques, est de tous les moines orientaux celui qui a le plus écrit sur la vie ascétique. Ses commentaires, ses discours, ses prières, ses lettres, qui remplissent six volumes in-folio, ont été en majeure partie composés pour des moines. Il parle en homme d'expérience. Toutes les vertus qui font le religieux sont célébrées par lui dans un langage animé et plein d'élévation. Il excelle quand il s'agit de l'humilité, de la componction, de la crainte du jugement. Une édition critique de ses œuvres rendrait aux études monastiques et ascétiques d'inappréciables services, en élaguant les écrits qui ne lui appartiennent pas, en publiant ceux qui n'ont pas encore vu le jour, et en accompagnant un texte bien établi d'une traduction fidèle.
Saint Basile (33 1-379), l'ami et l'admirateur du diacre d'Edesse, a composé quelques opuscules ascétiques qui ont été placés en tête de ses Règles et forment avec elles et un petit nombre d'apocryphes le recueil d'Ascetica qui porte son nom 2. Ses Mbralia^ donnent une juste idée de ce qu'était alors la méthode suivie par certains Pères dans leur enseignement spirituel. Le saint docteur se contente de grouper dans quatre-vingts chapitres les textes du Nouveau Testament où sont formulées les principales obligations du chrétien. Il ne donne jamais sa pensée personnelle, c'est Dieu seul qui parle ; et il le fait par l'organe des divines Ecritures, qui sont le grand traité de la vie intérieure, où le moine doit chercher la lumière.
Le frère de saint Basile, Grégoire, évêque de Nysse (mort peu après 394), est de tous les exégètes de cette période celui qui sut tirer des Saints Livres les enseignements les plus appropriés aux nécessités de la vie religieuse. Un certain Césaire, qu'il qualifie d' << homme de Dieu », l'avait prié de lui tracer le chemin qui conduit à la perfection. Grégoire, reconnaissant que cette tâche était au-dessus de ses forces, lui proposa dans la personne de Moïse un modèle achevé, dont il pouvait en toute sécurité suivre