TOPOGRAPHIE MONASTIQUE I
sont, entre autres, Vale'ntin d'Emèse, son homonyme d'Aréthuse, Paul de Talmissa. Acace et Paul, qui écrivirent à saint Epiphane pour le déterminer à publier ses livres Contre les hérésies, gouvernaient des monastères dans cette même province *.
Saint Julien Sabbas, que saint Jérôme et saint Jean Chrysostome rangent parmi les moines les plus illustres de cette période, fut le patriarche de la vie religieuse en Osrhoène 2. H se retira dans la solitude auprès d'Edesse, vers l'année 330. Des disciples, une centaine environ, ne tardèrent pas, à le rejoindre. Jacques le Persan 3, Agrippa, Eusèbe de Téledan,'Asterios, Acace de Berhé, sont les plus connus. Ils devinrent autant de propagateurs de l'institut monastique^. Edesse passait alors pour l'une des villes les plus pieuses de l'Orient ^. L'éloquence et les vertus de saint Ephrem provoquèrent parmi ses habitants un généreux élan vers la pratique de la perfection religieuse. Aussi le nombre des moines s'accrut-il beaucoup dans la cité et dans les campagnes qui l'entourent. Silvie, dont les pèlerinages sont si utiles à qui tente de reconstituer la topographie monastique de la fin du IV^ siècle, vint les visiter. Elle en rencontra dans l'intérieur de la cité et au loin, dans les solitudes qui en dépendent 6. Il y eut d'assez bonne heure un monastère à Œmida, au pied dû mont Gangalion '^. Saint Publios en fonda un sur une colline, à quelque distance de Zeugma, ville située sur les rives de l'Euphrate 8.
. Nulle province rie fournit, après l'Egypte, autant de moines que la Mésopotamie, s'il faut en croire saint Jérôme 9. Nous sommes malheureusement peu renseignés surieur compte. Une tradition dont Sozomène s'est fait l'écho considérait Aones ou Eugènecomme le premier qui eût mené ce genre de vie en ces régions 10. Cet honneur semble plutôt appartenir aux « fils de l'alliance >>,"
' I. s. Epiphane. p. G., XLI, 151-158.