Cassien, ibid
Il était nécessaire, en Egypte, de protéger la tête et la nuque contre les ardeurs du soleil. On se servait pour cela du cucuUwn ou capiichon, qui était d'un usage assez commun dans tout l'Empire 1. Cette coiffure couvrait la tête et descendait en arrière jusqu'à la hauteur des épaules. Les moines la gardaient le jour et la nuit. Elle leur rappelait la simplicité et la candeur de l'enfance*.
Dans l'intérieur de la cellule ou de la maison, ils portaient un ^manteau de bas prix, nommé en Orient et en Occident mafors, et qui leur couvrait seulement le cou et les épaules. On peut Je comparer à un camail ou à une petite pèlerine 3.
Tel était le costume en usage dans la plupart des solitudes égyptiennes. Certains abbés ne l'adoptaient pas cependant tout entier. Ils se permettaient de le compléter ou de le modifier sur des points de minime importance. On pouvaitde la sorte reconnaître à première vue le monastère auquel appartenait un religieux^.
Cassi.en, en insistant sur le symbolisme de l'habit religieux, n'émet pas une opinion personnelle. Il traduit le sentiment général de ses contemporains. Saint Nil ^ et saint Isidore de Péluse 6 y font, en effet, de fréquentes allusions comme à une chose communément admise. L'imagination pieuse de chacun pouvait se donner libre carrière et s'arrêter-à la conception qui lui convenait le mieux : « Le cucûlhtm, disait un ancien, est le symbole de l'innocence; le surhuméral, qui se rattache aux épaules, est celui de la croix ; la ceinture, qui nous entoure, est celui de la force. Faisons donc passer dans notre vie, concluait-il, les enseignements de notre costume'îf. »
Les moines se les transmettaient les uns aux autres comme un précieux héritage. Anatole, qui voulait les connaître avec précision, eut recours à Évagre du Pont, qui pouvait passer pour une tradition vivante. Voici sa réponse : « Le cucullum est le signe de la
1. On se demande pourquoi Amélineau rattache le cucullum au bonnet en poils de chameau que portent encore les Coptes, et qui ressemble, dit-il, à une calotte ayant la forme d'un œuf. (^Hist. des monastères de la basse Egypte. A. D. M. G., XXV. Introd., XIX-XXIX.)