Verha Senioriim, P. L., LXXIIl
grâce de Dieu et de l'enfance du moine dans le Christ. L'anabalus symbolise la croix du Sauveur et la foi au Christ, qui reçoit les hommes doux et écarte les obstacles. La ceinture rappelle la chasteté ; la mélote, la mortification de Jésus, qui domine les passions coupables et fait aimer la pauvreté et haïr l'avarice. Le bâton évoque le souvenir de l'arbre de vie, où trouvent force et sécurité ceux qui se reposent à son ombre ï. »
Plusieurs solitaires égyptiens se firent remarquer par le soin qu'ils prenaient de leurs habits. Apollonios d'Hermopolis recommandait à ses disciples de voir dans cette propreté extérieure une image de la pureté de leur âme. Pour leur donner l'exemple, il se montrait envers lui-même d'une grande exigence 2.
D'autres suivaient les règles de la discrétion. L'abbé Agathon, qui était de ce nombre, choissisait toujours des vêtements qui ne parussent ni bons ni mauvais. 11 lui était plus facile de passer inaperçu".
La plupart, si l'on s'en rapporte aux récits hagiographiques, avaient une préférence marquée pour les habits usés ou en mauvais état. Arsène, pour faire oublier le luxe qu'il avait déployé dans le siècle, choisissait tdùf ce qu'il trouvait de pire*. « Les moines, disait l'abbé Pambon, doivent porter un manteau tel que, s'ils l'abandonnaient à terre, il pût y rester trois jours sans que personne ne s'inclinât pour le rariiasser^. » L'abbé Isaïe recommandait surtout aux jeunes frères de ne jamais revêtir un habit qui risquât de passer pour bon 6. Marc, moine de Scété, portait une tunique tellement rapiécée qu'il était diifici le de reconnaître sa forme première'^.
i.Evagre, Capila pracUca ad Ànalolium,?. G., XL, 1219-1222.
2. Rufin, Hist. mon., vu, P. L., XXI, 413. Pallade, Hist. Imis., ui, P. G., XXXIV,