‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 238 sur 520 · yerba Seiiionim · texte numérisé non relu

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L'abbé Isaac, du désert des Cellules, affirmait que Pambo et les moines ses contemporains avaient des habits courts, usés et couverts de pièces 1. Il opposait leur pauvreté exemplaire à la vanité de quelques religieux de son temps. 11 en vit un qui se présentait avec un cuciUlum très gracieusement disposé : « Ce sont des moines qui demeurent ici, lui dit-il brusquement, tu ne peux habiter avec eux, car tu es un séculier ^ » Il y avait alors du relâchement en Egypte. Plusieurs commençaient à trouver trop austères les vêtements dont usaient les anciens. C'est pour réagir contre cette fâcheuse tendance que l'on citait avec éloge tant d'exemples édifiants de pauvreté monastique.

L'habit des moines était, nous l'avons dit, de toile blanche '. L'abbé Isidore, qui trouvait le linge trop doux, ne voulut jamais en mettre sur son corps '^ Quelques-uns préféraient confectionner leur tunique avec des peaux 5. ; I

On ne croyait généralement pas manquer a la pauvreté en conservant deux tuniques, l'une pour le joUr et l'autre pour la nuit. Cela permettait de les entretenir plus propres 6. Plusieurs, toutefois, ne voulaient- en avoir qu'une. L'abbé Joseph, lui, eh possédait trois : celle qu'il portait habituellement était usée; les, jours de fête, il en revêtait une neuve; une troisième, qui était presque hors d'usage, lui servait quand il avait certains travaux à faire ''. Personne ne voyait de bon œil les religieux qui formaient dans leur cellule une garde-robe bien montée. C'était un signe d'avarice, qui se déguisait sous le prétexte spécieux de parer aux nécessités de l'avenir. Évagre prémunissait les frères contre ce danger. Mieux vaut, disait-il, se contenter du nécessaire et donner le superflu à ceux qui peuvent en avoir besoin. Celui qui agit de là sorte est sûr de trouver des bienfaiteurs au moment voulu s. Les solitaires aimaient'à" s'envoyer les uns aux autres des habits comme témoignage d'affection fraternelle. Saint Isidore de Péluse remercie dans l'une de ses lettres le prêtre Zenon, qui lui avait procuré un mah-

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