S. Basile, ep. 45, clas. i, P. G., XXXIl
7. Rufin, Hist. monachoriim, 11, P. L., XXI, 405. "8. Ibid., I, 395.
corps ; les larmes qu'il répandait' lui avaient fait tomber lès sourcils^ On rencontrait bien quelques solitaires habitués à se raseri Mais cela paraissait si contraire aux coutumes généralement admises; que saint Épiphane les blâme de se dépouiller ainsi d'un ornement qui est le signe, dit-il, de la virilités.
Les moines égyptiens ne portaient pas habituellement les cheveux longs. L'abbé ApoUonios adressait des reproches sévères à ceux qui prenaient cette liberté 3. Les Tabenniotes se les coupaient de temps en temps, avec l'autorisation du supérieur^. Les rares solitaires qui ne portaient aucun vêtement laissaient toujours croître leur chevelure. C'était une conséquence de leur nudité^. Quelques Syriens, qui n'avaient pas cependant renoncé à l'usage des habits, conservaient tous leurs cheveux. Théodose d'Antioche mettait à cela une recherche qui n'était pas exempte de mortification. A force de pousser, ils finirent par descendre jusqu'à terre. Comme ils continuaient toujours à croître, il dut les attacher à sa ceinture^. On peut encore citer les exemples des abbés Jacques et Romain'^. Plusieurs ajoutaient à cela une négligence qui dédaignait les lois de la propreté la plus élémentaire s. Ces moines chevelus ne sortirent guère des solitudes de Syrie et de Mésopotamie. Cette coutume, particulièrement chère aux Massaliens, déplaisait fort à saint Epiphane ; il y voyait du mépris pour une règle fixée par les Apôtres^. Saint Jean Chrysostome ne la jugeait pas plus favorablement 10.
La manie de se singulariser, qui portait quelques hommes à laisser croître leurs cheveux comme les femmes, incitait certaines moniales à se les couper sous un prétexte de religion. L'empereur Valentinien (390) condamna cet abus et interdit aux coupables l'entrée de l'Église'.