‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 250 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

8. Cf. Waldemar Kissen, Die Regeluitgdes Kloslenvesem, p. 11-12. Marin, Les Moines de Constatitinople, 39-40.

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Les moines n'avaient pas, à cette époque, de règle absolue pour le choix des lieux où ils fixaient leur séjour. Ils se laissaient guider parles circonstances et surtout par leur attrait personnel. Les uns préféraient le silence du désert ou de la montagne ; les autres s'établissaient plus volontiers en pays habité. Tous ne fuyaient pas les cités opulentes et les capitales'. 11 y en avait à Alexandrie, à Antioche et à Constantinople. Les mauvais moines, en particulier les Sarabaïtes, choisissaient de préférence les contrées riches et peuplées, où il leur était facile de se procurer, avec des distractions, les moyens de satisfaire leurs désirs "2.

Mais, en règle générale, la solitude exerçait sur les religieux un attrait irrésistible. Elle avait, pour les âmes d'élite, des charmes séduisants. Il faut entendre saint Jean Chrysostome, qui en avait lui-même fait l'expérience, célébrer les avantages qu'elle offre à l'esprit et au cœur, les facilités qu'elle ménage à celui qui veut s'assurer la possession de la véritable philosophie, et la liberté qu'elle lui vaut, en l'aidant à dominer les passions humaines et les riens de la vie 3. Rien ne distrait l'âme qui s'y est retirée ; elle peut tranquillement s'appliquer à la contemplation des choses divines *. Aux yeux de saint Jérôme, la ville est une prison, et le désert un paradis : « Pourquoi donc, demande-t-il à son ami Rusticus, désirerions-nous errer au milieu des villes, nous qui sommes inscrits parmi les habitants de la solitude^? » 11 écrit à saint Paulin : « Si tu veux être ce que signifie ton nom de moine, c'est-à-dire solitaire, que fais-tu dans les villes? Elles sont le séjour, non de ceux qui vivent isolés, mais de la foule 6. »

Le solitaire de Bethléem eut occasion de venger les moines, amis de la solitude, des accusations lancées contre eux par l'hérésiarque Vigilance, qui les traitait volontiers de lâches et de mysanthropes.

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