‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 251 sur 520 · Ici., Epist. 58, ibid · texte numérisé non relu

Ici., Epist. 58, ibid

l'habitation MONAStlàUE 267

A cette question que le saint docteur met sur ses lèvres : « Pourquoi fuir dans la solitude? » il répond avec sa véhémence habituelle : « Mais c'est pour rie point te voir, pour ne point t'entendre, pour éviter l'émotion que me cause ta fureur et les souffrances que je ressens à la vue de la guerre que tu fais à la vérité ; c'est pour échapper aux séductions de la chair. Tu me répliqueras peut-être : Ce n'est point là combattre, mais prendre la fuite. Imite plutôt les combattants ; tiens-toi sous les armes, résiste à tes ennemis; après la victoire, tu recevras une récompense. — J'avoue ma faiblesse, et l'espérance d'une victoire ne parvient pas à dissiper dans mon esprit les craintes de la défaite. Voilà pourquoi je me soustrais au combat. Par la fuite, du moins, j'évite les coups. » Jérôme continue à montrer que les moines, en aimant la solitude, font preuve de prudence et de sagesse 1.

Saint Basile écrivait, de son côté : <<j'ai abandonné le séjour des villes comme une source de maux innombrables. Dans le monde, chaque journée augmente les ténèbres qui, envahissent le cœur; qui désire leur échapper n'a qu'à prendre la fuite. L'oubli des choses du siècle est indispensable à qui veut être un saint. La solitude calme les passions et assure le repos de l'esprit 2. » Son monastère des bords de l'Iris lui offrait tous ces avantages. La retraite qu'il s'y ménagea lui semblait plus utile et plus agréable que les villes, même chrétiennes, où sa foi aurait pu trouver des secours nombreux 3. Saint Isidore de Péluse affirmait que la solitude, sanctifiée par les exemples et les enseignements dé Notre- Seigneur*, facilite singulièrement la pratique de la philosophie chrétienne et l'ascension au sommet de l'humilité religieuse s. « Fuyons, écrivait saint Nil, fuyons les foules humaines qui encombrent les villes, et les hommes qui habitent les cités viendront à nous. Courons à la solitude, et nous attirerons à nous ceux qui nous fuient en ce moment. C'est ce qui est arrivé pour saint Jean- Baptiste^. » L'illustre ermite du Sinaï voyait dans le désert un maître éminent de la philosophie chrétienne'^. C'est pour suivre ses

1. s. Jérôme, Advenus VigilaiiHum, \6, P. L., XXIII, 367-368.

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