‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 253 sur 520 · Apophtegmata Patrwn, P. G., LXV · texte numérisé non relu

Apophtegmata Patrwn, P. G., LXV

l'habitation MCtf^ÀSTiQUE 269

ne se contentaient pas de la présenter comme un moyen efficace d'arriver au recueillement intérieur. Elle était, à leurs yeux, une vertu, qui doit être pratiquée pour elle-même. Mais ilis risquaient ainsi' de n'envisager que les dehors de l'ascèse et de s'abandonner aux séductions de la vanité. L'abbé Pœmen fit un jour ressortir, avec le bbn sens qui caractérisait ses enseignements, les graves inconvénients de pareilles indiscrétions; oh lui pariait d'un ancien qui se vantait de n'avoir pas mis les pieds depuis fort longtemps dans son village natal, situé tout près de sa cellule, et il reprochait à d'autres frères d'y aller trop souvent. « À sa place, dit l'abbé Pœmen, je serais allé de nuit faire le tour de cette localité, afin de ne pouvoir me glorifier de n'y avoir jamais mis le pied^ » L'abbé Abraham qualifiait de pratique excessive et de zèle inconsidéré l'amour de la solitude porté par plusieurs au point de refuser toute relation avec les hommes. C'était, à l'en croire, lâcheté plutôt que vertu, et le diable se faisait volontiers l'instigateur de semblables exagérations*.

Des exemples éclatants et nombreux montraient jusqu'à l'évidence que le séjour de la ville n'était pas incompatible avec la sainteté monastique. Dans certains pays et à certaines époques, les incursions des Barbares et des brigands ne leur permettaient guère de se fixer ailleurs. Le grand nombre des saints qui ont peuplé les solitudes orientales a pu faire croire que seule elle était capable de les produire. Dans la crainte que cette pensée n'influât sur l'esprit de ses lecteurs, Théodoret affirme que la sainteté fleurit partout; les bienheureux qui ont pratiqué en pays habité et dans les cités populeuses cette philosophie sublime le prouvent par leurs exemples^.

Les fidèles aimaient à voir les moines "fixer leur séjour non loin •4e leurs habitations, etH leur arrivait de mettredans leur estime ceux qui habitaient le désert au-dessous des autres. C'était une appréciation fausse, que le livre De monachomm prœstantia, de

I, Âpophlegmata Palruin, ibid., 350.

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