Tillemont, t. XIV
p. Godcfroid, Codex theodosiamim, t. VI, 106-108.
L'ifABITATION M0NAST1C8JE 27 I
être autorisés par les évêques. L'édification et la paix publique n'avaient rien à y gagner. Aussi les Pères du concile de Chalcédoine, sans leur défendre le séjour des villes, crurent-ils devoir leur interdire de quitter leurs cellules pour s'occuper de choses étrangères à leur profession*.
Ceux qui s'établissaient à la campagne n'étaient pas toujours indifférents aux charmes d'une belle nature. Les saints de tous les temps ont plus que personne subi leur influence mystérieuse; et les moines du IV^ siècle les appr|éçiaient généralement beaucoup. Quelques-uns ont su les peindre en traits saisissants. Grégoire de Nazianze, brisé par la douleur profonde que lui avaient causées les intrigues de Maxime le Philosophe, chercha dans la solitude les plus douces consolations. « Je faisais une promenade, dit-il lui-même ; pendant que mes pieds me portaient, mes regards jouissaient, en contemplant la mer. Mais ce spectacle n'avait plus pour moi ni beauté ni charme, bien que jadis il m'eût procuré de vives satisfactions, lorsque je voyais surtout les flots tranquilles prendre leur couleur empourprée et venir doucement caresser le rivage... Je sentis néanmoins ce spectacle me rendre quelques forces pour arriver à la sainte philosophie ^ » Saint Basile, qui connaissait la prédilection de Grégoire, son ami, pour les œuvres de Dieu, s'était évertué à lui décrire de la manière la plus attrayante le charme délicieux de son monastère, bâti sur les bords de l'Iris. Rien ne pouvait plus facilement le déterminer à suivre son exemple'. Sa description exhalait un parfum d'enthousiasme et de jeunesse; quelques exagérations littéraires, inévitables en pareille circonstance, fournirent à Grégoire l'occasion de plaisanter agréiiblement son saint ami^. Il finit cependant par répondre à son appel. Basile et Grégoire purent contempler à loisir les beautés semées par le Seigneur dans sa création.
Saint Jean Chrysostome ne se lassait pas d'admirer les sites où
i. CoriciHum Chaîcedon., can., 3, 4. Labbe, t. IV, c. 1683.
2. S. Grég. Naz., Oratio 26, in selpsum, P. G., XXXV, 1 238-1 239.