S. Grcg. ^az., Epist. 4, 5, P. G., XXXVII
les moines syriens bâtissaient leurs cellules. Comme leurs frères de Cappadoce, ils aimaient les flancs escarpés des montagnes, où les poumons respirent un air pur, et d'où l'œil embrasse de vastes et magnifiques horizons. « La vie sublime de ces montagnards, dénués de tout^ », n'était pas moins saine pour le corps que pour l'esprit. Ils recherchaient les lieux favorables au développement des forces physiques et morales, évitant les endroits exposés aux changements brusques de température et les climats trop rigoureux. Rien, en effet, ne serait plus contraires la santé d'hommes exténués par le jeûner Plus que n'importe quelle autre province, la Syrie offrait à ses habitants des montagnes d'un aspect agréable et grandiose. Une verdure abondante couvrait le. sol; des fontaines limpides entretenaient la fraîcheur ; l'ombre des arbres touffus protégeait contre les rayons d'un soleil brûlant. Au milieu d'un cadre pareil, l'âme se conservait plus pure que le ciel qui s'étendait au-dessus de la tête. L'éloquent apologiste des moines avait bien raison de trouver ce palais de la nature plus beau et plus enviable que ceux où les princes de la terre passent leur vie 3. On y jouissait d'une paix si douce! Le solitaire voyait les oiseaux prendre leurs ébats, les arbres s'agiter sous le souffle du vent, et les torrents fuir dans la vallée. Ce spectacle, en l'inondant de bonheur, éloignait de son esprit le souvenir du. monde *.
Il pouvait, tout à son aise, évoquer la pensée de Notre-Seigneur et s'entretenir avec lui. Car le Sauveur a lui-même sanctifié la solitude et lui a communiqué des grâces qui rendent la prière plus facile à quiconque l'a choisie pour sa demeure 5.
Ces sentiments n'étaient pas moins familiers à l'austère saint Hilarion. Quand, au terme de ses pérégrinations à travers l'Egypte, la Sicile et la Dalmatie, il fixa son séjour dans l'île de Chypre, il trouva une vallée d'un accès, difficile; de grands arbres lui formaient un riant cadre de feuillage; un ruisseau, qui descendait de la colline, l'arrosait de seis eaux pures; il y avait un jardin fertile et des arbres fruitiers. Les ruines d'un temple païen augmentaient encore l'intérêt du paysage. Ce fut dans cette belle solitude qu'il attendit paisiblement la mort 6. Saint Euthyme avait les mêmes