‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 260 sur 520 · S. Ephrem, S^z-mo 77, opcr. syr., t. III · texte numérisé non relu

S. Ephrem, S^z-mo 77, opcr. syr., t. III

d'Antioche? Serait-ce pour restreindre ta liberté? Pourquoi élever des murs et te faire une prison 1 ? »

Quoi qu'il en soit des avantages de cette vie au grand air, elle fut exceptionnelle parmi les moines orientaux. La plupart voulaient un abri au moins suffisant. Beaucoup utilisèrent les grottes et les cavernes des montagnes. La nature s'était faite leur maçon; elle leur permettait de se loger à peu de frais. Le Cappadocien Elpidios, qui menait la vie religieuse en Palestine, non loin de Jéricho, trouva un gîte dans les grottes des Amorrhéens. Ses disciples se réunirent autour de lui, comme des abeilles autour de leur reine, dans les anfractuosités de la montagne 2. Saint Euthyrne et ses premiers disciples habitèrent tout d'abord une caverne située dans les gorges d'un torrent. Le nombre toujours croissant des hommes qui venaient se mettre sous sa conduite l'obligea à bâtir un monastère ; l'antre fut transformé en église 3. Il y avait de ces grottesen Egypte, jusque dans le voisinage d'Alexandrie, où l'abbé Dorothée en occupait une *. Elles n'étaient pas rares dans certaines contrées du désert s. Quelques-unes étaient assez agréablement situées. On se rappelle la source et le palmier qui étaient à l'entrée de celle occupée par saint Paul, le premier ermite. Un anachorète qui cherchait une solitude profonde s'arrêta dans une caverne devant laquelle coulait l'eau d'une fontaine ; un palmier la couvrait de son ombre s. Plusieurs des collines escarpées qui, en Thébaïde, fermaient la vallée du fleuve étaient criblées de grottes nombreuses; quelques-unes pouvaient être l'œuvre de la nature, mais la plupart avaient- été creusées par des hommes. Les anciens Egyptiens les utilisaient pour la sépulture des morts. Elles abritèrent à partir du IVe siècle une foule d'anachorètes. Chacun fermait au moyen d'une porte l'ouverture de sa demeure.

1. S. Jean Chrys., In Mat. bom., 69, P. G., LVIII, 652-653. . •

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