Ibid
■ On vit encore des solitaires choisir pour habitation de vieilles masures, des châteaux en ruine, comme saint Antoine, ou des temples abandonnés, comme saint Pakhôme immédiatement après sa conversion. Les diables essayèrent, dit-on, d'épouvanter un ancien qui s'était retiré dans lé sanctuaire d'une divinité : « Abandonne ce lieu, lui criaient-ils, il nous appartient. » Ils seraient parvenus à le chasser, si la puissance de la croix ne les avait retenus i. En Egypte et en Syrie, les constructions funéraires, nombreuses autour des villes anciennes et souvent abandonnées, offraient aux ermites un logement à bon compte.
Lorsque ces moyens leur faisaient défaut, ils se bâtissaient euxmêmes une cellule. Rien n'était plus simple que ce logis. Il ressemblait assez aux cabanes que se construisaient les bergers ou à celles des pauvres cultivateurs. Les mondains d'Antioche les comparaient volontiers aux huttes des brigands ^ Saint Jean Chrysostome aimait mieux les assimiler à la tente- du soldat^.
Voici quelques renseignements sur leur manière de bâtir. Dans les solitudes égyptiennes, dès qu'un postulant se présentait, il se. construisait aussitôt une demeure. Deux jeunes hommes, frères par la iiature, demandèrent à l'abbé Macaire la faveur d'habiter auprès de lui. Après avoir acquiescé à leur désir, il les conduisit devant un rocher, qu'ils se riiirent à tailler, et contre lequel ils appuyèrent des branches coupées dans un marais voisin. 11 n'en fallut pas davantage pour leur procurer un abri \ L'abbé Hor avait lui-même bâti la cabane qui lui servait de cellule. Des disciples ne tardèrent pas à se réunir autour de lui. Dès qu'un nouveau se présentait, il convoquait tous les frères et les invitait à lui construire son logement. Tous se mettaient à l'œuvre. L'un portait des briques, un autre de la boue, d'autres de l'eau, du bois et tout ce qu'il fallait. A la fin du jour, la cellule était terminée et pourvue de ses meu-