Cf. Am. Thierry, 5. Jérôme, 1, vu
5. S. Jérôme, Vita S. Hilarionis, 19, 22, Àda SS. Oct., t. IX, 52-55.
6. Stilting, De S. Charitône ah., 21, Acta SS. Sept., VII, 571.
^S6 LES MOINES d'orient '
dire de Pallade, laissèrent croître le long de leur église une vigne qm frnit par la couvrir entièrement de son feuillage i.
Si la vie de saint Chariton fournit peu de détails sur la disposition des laures, celle de saint Euthyme, écrite par le moine Cyrille, est pleine de renseignements intéressants et précis. Saint Euthyrtie vivait avec saint ;Théoctiste dans une grotte qui. dominait une gorge sauvage, au fond de laquelle coulait un torrent. De nombreux disciples lui demandèrent de les prendre sous sa direction. Il aurait voulu leur bâtir une laure semblable à celle de Pharan, d'où il était sorti. Mais la disposition des lieux ne le permit pas. Force lui fut de construire une maison commune, ou cœnobium, à. l'entrée de la gorge, et assez près de sa caverne pour qu'elle pût servir d'oratoire ^ Il abandonna bientôt cette retraite, où il ne tarda pas à revenir après un séjour sur le mont Marda" et dans la solitude de Ziphon. Une caverne peu éloignée du monastère lui servit de cellule. Comme les disciples affluèrent bientôt, il fit bâtir une laure, dont l'église fut consacrée-, par le patriarche Juvénal (429).
Saint Euthyme avait choisi comme type celle de Pharan^. Son biographe a cru bon de parler des observances que saint Gérasime, le fondateur des laures, avait prescrites à ses moines, particulièrement à ceux qui habitaient le voisinage de Jéricho. Leur nombre dépassait s^oixante-dix. Une seule laure les réunissait tous. Personne n'était admis à vivre dans les cellules isolées sans avoir mené la vie religieuse dans le cœnobium, qui se trouvait dans la même enceinte. Quand ils avaient reçu une sérieuse formation et subi patiemment de longues épreuves, on leur donnait une cellule de la laure, dans laquelle ils restaient en silence cinq jours de la semaine, occupés au travail et à la prière. Il leur était interdit d'allumer du feu et de cuire des aliments. Ils se réunissaient à l'église commune le samedi et le dimanche, pour participer aux saints mystères, après quoi ils prenaient ensemble leur repas. On leur donnait en ces jours du vin et des aliments cuits. Aucun solitaire ne fermait la porte de sa demeure s.