Id., 15, p
l'habitation monastique 287
Cette organiisation de la vie monastique présenta dans la suite quelques inconvénients. Saint Euthyme apparut peu de temps après sa mort (473) au diacre Phidos et lui intima l'ordre de transformer sa laure en cœnobmm^. L'sihhé Publios de Zeugma, en Syrie, qui avait tout d'abord logé ses disciples dans des cellules séparées les unes des autres, trouva qUe la surveillance devenait extrêmement difficile. Comme sa communauté se composait de Grecs et de Syriens, il, fît élever deux grandes maisons pour les réunir chacun selon sa langue. L'église leur était commune*.
- L'autorité ecclésiastique n'intervint jamais au début pour soumettre à une réglementation quelconque les fondations de monastères. Fondait un ermitage qui voulait. Un moine groupait autour de lui avec la même facilité tous les disciples que bon lui semblait. Libre à lui de leur bâtir une laure ou un cœnobium ; la loi ecclésiastique et la loi civile ne le gênaient en rien. Cette licence finit par engendrer de graves abus. La ferveur religieuse ne tirait aucun- profit de cette multiplicité de monastères. Ces fondations, établies souvent à la hâte, n'avaient aucune garantie de stabilité. Il était aussi facile de les abandonner que de lès faire, De la sorte un édifice et une propriété qui avaient une destination sainte pouvaient du jour au lendemain passer à des usages profanes. Le concile de Chalcédoine, pour remédier à cet état de choses, obligea tout fondateur de monastère à demander au préalable l'autorisation épiscopale. Il interdit de changer la destination du monastère canoniquement fondé et de le transformer en habitation vulgaire ^ L'église d'Orient n'en resta pas à cette première décision. Les conciles, les patriarches et les empereurs établirent peu à peu une législation qui entoura les fondations monastiques de toutes les garanties désirables *.
Il y avait souvent autour de la cellule des anachorètes, et presque toujours près du monastère des cénobites, un coin de terre,