‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 27 sur 520 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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4. S. Benoît, Régula, c. i. Il nomme les quatrièmes gyrovagues.

5. S. Isidore, De ecclesiasticis officiis, 1. II, c. xvi, P, L., LXXXII, 794-801. Saint Isidore, qui avait en vue l'ensemble des moines orientaux et occidentaux, en compte six classes distinctes : les cénobites, les ermites, les anachorètes (nommés reclus par d'autres), les faux ermites dont parle Cassien, les circumcellions(le nom est emprunté à saint Augustin, ce sont les mêmes que les gyrovagues de saint Benoît), et enfin les sarabaïtes.

à Dieu leur corps par le vœu de virginité. Souvent ils s'abstenaient de viande et de vin. Quelques-uns distribuaient leurs biens, soit aux pauvres, soit aux églises, et pratiquaient une stricte pauvreté. Plusieurs vivaient au sein de leur famille, d'autres avaient une habitation particulière. Dans ce dernier cas, ils étaient tantôt seuls, tantôt par petits groupes. Un habit particulier les distin-, guait du reste des chrétiens. Ils formaient une classe intermédiaire entre les simples fidèles et les membres du clergé. Il y eut des martyrs parmi eux. L'Eglise aimait à choisir ses ministres dans leurs rangs. Plusieurs ont été de grands évêques et des docteurs fameux. Origène fut le plus célèbre de ces ascètes ou exercitants^ .

Ils ne disparurent pas complètement lorsque, dans la première moitié du IV^ siècle, le monachisme proprernent dit s'épanouit sur toute la surface du monde romain. On rencontra encore, au sein des villes, des hommes voués au célibat, qui menaient une vie plus parfaite que le commun et portaient un habit particulier, sans habiter dans une communauté monastique. Ainsi vivait Athanase, l'homme pieux et juste, le vrai chrétien, l'ascète, quand l'Eglise d'Alexandrie le choisit pour son évêque (388)'^. Il ne fut pas le seul. Un jeune païen de sa ville épiscopale, converti au christianisme, éprouvait un vif désir d'embrasser la vie religieuse. Le patriarche, confident de ses aspirations, le reçut, après son baptême, parmi les lecteurs, et il lui fit bâtir, dans les dépendances de l'église, une cellule où il pût suivre en toute liberté les exercices de l'ascétisme. Cela dura pendant douze années. Alors la vanité et le relâchement du clergé lui inspirèrent un profond dégoût. Il obtint d' Athanase la permission d'aller à Tabenne se mettre sous la conduite de saint Pakhôme^. Pallade nous fait connaître

1. ¥\t.Mxy, Les Mœurs des chrétiens, t. XXVI, p. 241-242, éd. 1727. Kirchenlexicon, t. I, 1469-72, 2" édition ; Duchesne, Origines du culte chrétien, 405-406, 1" édition ; Tillemont, Mémoires pour servir à l'histoire ecclésiastique , t. VII, loi- 105, 176-177. Les ascètes des trois premiers siècles de l'Église ont été depuis plusieurs années l'objet d'études intéressantes. Cf. Dom U. Berlière, Les Origines du Monachisme et la critique moderne (Revue Bénédictine, janvier 1891) ; Jules Mayer, Die christUche Askese; Fribourg, 1894J in-8, 48 p. ; Etienne Schiwietz, Les Origines du Monachisme ou l'Ascétisme des trois premiers siècles (Archiv. fur katbolische Kirchenrecht, LXXVIIl, 1898, 305-331).

2. Athanase, Apologia contra Arianos, 6, P. G., XXV, col. 259 ; Tillemont, t. VIII, 4. •

3. Amélineau, Monuments pour servir à l'histoire de l'Egypte chrétienne au

un autre ascète alexandrin, nommé Euloge. Il distribua aux pauvres tous ses biens, ne se réservant qu'une somme très modique pour subvenir à son entretien, car il lui était impossible de gagner sa vie par son travail de chaque jour. Le désert n'avait pour lui aucun attrait. . Il lui répugnait de s'incorporer à un monastère de la ville. Comme, d'autre part, l'isolement absolu lui paraissait insupportable, il choisit pour compagnon un malheurieux estropié, qui n'avait ni pieds ni mains. Durant quinze années, Euloge prodigua, sans jamais se lasser, à ce pauvre infirme, tous les soins que réclamait son état^.

Jérusalem. eut aussi ses ascètes 2. Ils n'étaient pas inconnus à Antioche. Saint Jean Chrysostome mena ce genre de vie après son baptême, en attendaht qu'il lui fût possible de se retirer dans la solitude des montagnes. Il eut pour imitateurs quelques-uns de ses amis : Maxime, Basile et Théodore 3. Ce dernier, âgé de vingt ans, avait abandonné la recherche de la perfection pour s'adonner aux jouissances d'uné'vie mondaine. Son saint ami lui adressa une chaleureuse Exhortation^, qui le remit sur le chemin du devoir (v. 369). Ses trois livres sur Xtl Providence furent écrits potir un autre ascète du nom de Stagyre^. Le premier livre de la Componction iut pour un certain Demetrios^, qui avait embrassé la même profession. Ce fut ce genre de vie que mena saint Jean Chrysostome, lorsque son état de isanté l'eut contraint de quitter le désert pour revenir dans sa ville, natale.

Les ermites, ou habitants du désert (epE[ioq), appelés encore anachorètes, vénéraient comrrie leurs fondateurs et leurs maîtres Elle et saint Jean-Baptiste, qui, sous l'ancienne Loi, s'étaient séparés de la société des hommes pour vaquer uniquement à

iV siècle. Histoire de saint Pakhôme et de ses communautés. (Annales du Musée Guimel, t. XVll, 141-147.)

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