‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 272 sur 520 · Cyrille, Fita S. Eutbymii, 7, Âcta SS. Jan., t. II · texte numérisé non relu

Cyrille, Fita S. Eutbymii, 7, Âcta SS. Jan., t. II

5. Apopbiegmata Patru'm, ?. G., LXV, 147-151. ô. Zosime, 1. v, 23, p. 279/ëd. Bekker. . • ;

l'habitation monastique 289

la ferveur religieuse prirent goût à ces occupations, et ils s'y adonnèrent au détriment "des exercices ascétiques. Quelques-uns ne déployaient pas 'moins de zèle à exploiter et à arrondir cette fortune que les hommes du monde; les esprits clairvoyants reconnaissaient là les signes avant-coureurs d'une prompte décadence 1.

L'histoire de la célèbre congrégation de Tabenne en fournit un exemple saisissant. Lorsqu'elle eut pris le développement extraordinaire que l'on sait, il fallut, pour nourrir tant de moines, une vaste exploitation agricole, avec un personnel nombreux de cultivateurs et des troupeaux considérables. On dut se procurer des barques, entreprendre, de longs voyages et exercer le trafic. Tant que saint Pakhôme fut à la tête de ses communautés, il réussit à les maintenir dans les limités de la pauvreté religieuse et du détachement. . Ses successeurs n'eurent plus le même ascendant. La négligence gagna peu à peu les esgrits les moins bien trempés. L'abbé Orsise, qui gouvernait la congrégation, s'en. aperçut bien vite. Apollonios, supérieur du monastère de Mankousin, tenta de se suffire à lui-même, sans s'occuper de l'économe général. Cette indépendance, capable assurément de faciliter son administration temporelle, pouvait entraîner des conséquences funestes et anéantir l'œuvre pakhomienne. Les avis et les réprimandes du supérieur général n'étaient plus écoutés ; Apollonios, non content de soustraire sa maison à l'autorité de l'abbé Orsise, engageait les autres à suivre son exemple. Le supérieur général, incapable de tenir tête à l'orage, reconnut son impuissance, donna sa démission et fit élire saint Théodore, qui put remettre toutes choses en place 1.

Le mal n'était pas cependant détruit dans sa racine. 11 se manifesta bientôt sous une forme nouvelle. Théodore ne pouvait, comme son prédécesseur, voir dans ces grandes propriétés et dans les préoccupations multiples qu'elles causaient aux moines le fruit des bénédictions que Dieu répandait sur le cénobhisme. L'attachement aux biens de la terre devait plutôt détourner de l'œuvre de saint Pakhôme les regards et la protection du Seigneur. Tous les efforts qu'il tenta pour réagir contre ce courant furent vains. Cette constatation douloureuse empoisonna ses vieux jours. On le voyait

1. Saint Nil, De paupertate volinitaria, 29, 30, 34, P. G., LXXIX, 1006-1010.

2. Fita S. Pachomii, 81-84, ■^'^^'^ ^^- Maii, t. III, 32*8-329. yie arabe de saint Pakhôme^ A. D. M. G., XVI, 666-670.

souvent, sur le tombeau de son maître et père, épancher la douleur qui remplissait son âme. N'y tenant plus, il pria Dieu de le faire mourir, pour que ses yeux ne fussent pas les témoins de la désolation qui allait fondre sur Tabenne 1.

I. Pachoimi vita, 93, p. ^32. yie de Théodore, Frçignieiits copies sur Théodore. A. D. M. G., XVII, 217-218, 259-263, 313-314.

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