‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 273 sur 520 · CHAPITRE XIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIII

Le régime alimentaire

L'heure des repas, la nature et la quantité des aliments ont eu, aux yeux des ascètes de tous les pays et de toutes les époques, une importance considérable. Les moines orientaux n'échappèrent pas à cette préoccupation générale. Si tous ne pratiquaient pas une abstinence également héroïque, ils surent lui donner dans leur vie une part très large. Ils pensaient en cela suivre l'exemple de leur précurseur, Jean-Baptiste, qui se nourrissait de miel sauvage, sans goûter à la viande et aux mets délicats ; c'est avec ce régime frugal, pensaient-ils, que fut inaugurée la vie solitaire i.

Cette austérité répugnait trop aux instincts de l'homme pour ne pas soulever d'opposition. 11 ne faut donc pas être surpris d'entendre Jovinien déclarer absurde et contre nature la privation systématique de viande et de vin que s'imposaient les religieux.

Saint Jérôme, qui se constitua le défenseur de l'abstinence monastique, montra sans peine, avec le secours des Ecritures, que l'usage du vin et de la chair des animaux était une concession faite aux hommes par le Créateur seulement après le déluge, et que Notre-Seigneur, venu dans ce monde restaurer toutes choses, engageait, par la voix de l'apôtre saint Paul 2, les fidèles à ne pas user de cette permission s. L'hérésiarque n'avait aucun motif d'affirmer que l'abstinence était contraire aux intentions divines. Saint Jérôme, avec la vigueur de sa raison, sa connaissance d: s

1. S. Jérôme, Adverms Joviiiianum, 1. 11, 15, P. L., XXIII, 323.

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