‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 274 sur 520 · S. Jérôme, ibid · texte numérisé non relu

S. Jérôme, ibid

Ecritures et de l'antiquité classique, et son habileté à mettre en évidence le ridicule des opinions erronées et de ceux qui les soutienrnent, vengea les moines et leurs pratiques austères des attaques dont elles venaient d'être l'objet.

L'abstinence n'était pas une vertu exclusivement monastique,. ."Elle appartenait à l'Eglise. Les moines la lui avaient empruntée comme un puissant moyen de- tendre à la perfection. Mais ils se gardaient bien de lui donner une importance excessive, en la pratiquant pour elle-même. Jamais ils n'en firent le but de leur ascèse ou le terme de leurs efforts 1. D'après saint Ephrem, le jeûne, qui est une forme de l'abstinence, est un char qui transporte l'âme dans les cieux; c'est lui qui suscite les Prophètes; il est le maître qui enseigne la sagesse. Il fait la joie des Anges, heureux d'inscrire sur le livre de l'éternité ceux qui s'y appliquent généreusement ^ Saint Basile célèbre avec amour sa grandeur et son utilité. Les saints de l'Ancien Testament l'ont en quelque sorte consacré, dit-il. On ne peut sans lui ni détruire les vestiges du péché dans les âmes ni guérir les maladies du cœur humain. Il est indispensable au chrétien qui veut entreprendre avec chance de succès la guerre contre ses ennemis invisibles. Mais, remarque sagement le saint docteur, pour être agréable à Dieu, le jeûne suppose, chez celui qui le pratique, la victoire remportée sur ses vices^. Il rappelle ailleurs que la tempérance, par laquelle l'homme se prive d'aliments inutiles, est un fruit de l'Esprit-Saint'*. Le service qu'il rend à Dieu son maître devient, grâce à elle, irrépréhensible. C'est elle qui brise l'aiguillon de sa chair, domine ses passions intérieures, réduit son corps en servitude et met un frein aux impétuosités de la jeunesse. Elle est le point de départ de toute vie spirituelle. Que de temps et de force le moine gagne avec elle ! Elle transformé ses repas en œuvres saintes, qui procurent la grâce du Seigneur^. Ecoutons saint Jean Chrysostome ; le jeûne est, à ses yeux, le compagnon inséparable du moine, son meilleur ami, son protecteur, sa force, son plus bel ornement. Grâce à lui, le solitaire devient un ange; il acquiert la gravité, la maigreur et la

1 . Apbraatis sapientis Persce. Demonstratio 11), éd. Parisot, 98-99.

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