Gai., V
5. S. Basile, Reg.fus. tract., int. \6, 17, P. G., XXXI, 957, 966.
pâleur qui sont comme le reflet, sur son visage,, de l'austérité de. sa vie et de la sainteté de son âme 1.
Les Pères du désert faisaient grand cas de l'empreinte que laissent les privations sur les traits du religieux. Deux moines se préseur tèrent un jour à l'abbé Elie, et lui avouèrent que des pensées impures obsédaient leur esprit. Le saint homme les considéra quelque temps. Leur bonne mine lui montra la cause de leur faiblesse. Pour la leur signaler, il se tourna vers son disciple et lui dit : «Je rougis, mon frère, de ce que tu te nourris si bien, alors que tu fais profession de vie monastique; ne sais-tu pas qu'un teint pâle et une face amaigrie sont la meilleure parure du solitaire? » Ses visiteurs comprirent à qui s'adressait cette sage leçon".
L'estime que les moines faisaient de l'abstinence et des jeûnes prolongés ne les aveuglait pas tellement qu'ils vissent là un précepte au lieu d'un conseil, dont la pratique est laissée au bon vouloir de chacun 3. Ils avaient à se tenir en garde contre les exagérations des Encratites, des Phrygiastes, des Marcionites et des Manichéens, qui distribuaient de leur propre chef les êtres de la création en purs et en impurs. Le fruit de la vigne, la chair des animaux, et tout ce qui avait eu vie, entraient dans cette dernière catégorie^. L'homme souillait son âme en les .prenant; il devait donc s'en abstenir. Mais semblable privation, loin d'être agréable au Seigneur, constituait un blasphème; elle accusait Dieu d'avoir créé des êtres mauvais dans leur essence^. Pour metttre leur foi à l'abri de tout soupçon, les moines rendaient hommage à ceux qui croyaient pouvoir user librement des créatures dans les limites fixées par la souveraine sagesse du Seigneur^. .
Par les privations alimentaires, le moine poursuivait un but