S. Nil, 1. H, Epist 10, P. G., LXXIX
6. S. Nil, loc. cit.' Théodoret, ibid. S. Isidore Peins., 1. I, Epist. 53, P. G., LXXVllI, 214-215. S. Cyrille Jer., Catech., iv, 27, P. G., XXXIll, 490. S.Basile, Reg.fiis. tract., int. 18, P. G., XXXI, 966.
précis; il voulait faire pénitence. La pensée des fautes qu'il avait commises et de celles qui lui échappaient à chaque instant jouait un grand rôle dans sa vie intérieure et dans l'organisation de sa vie extérieure. Pour réparer l'injure faite à Dieu et le préjudice causé à son âme, il devait pleurer ses péchés et les expier par des souffrances et des privations acceptées librement. L'ascète engageait, par l'abstinence et par le jeûne, la lutte contre la gourmandise, la première passion qu'il rencontrait sur son chemin. C'est un ennemi extrêmement dangereux, lui disait-on. S'il est le maître, il se fera un jeu d'expulser toutes les vertus, et sa nombreuse progéniture de vices infestera bientôt l'âme tout entière i. L'homme doit le combattre durant toute sa vie; car il a pour point d'appui une nécessité à laquelle personne ne peut se soustraire*. La gourjmandise, en attaquant les moines, a trois tactiques différentes : elle pousse les uns à devancer l'heure du repas, les autres à manger :avec excès sans se préoccuper du choix des aliments, et d'autres »enfin à rechercher des mets délicats. Quelle que soit la manière dont elle dirige ses coups, il faut immédiatement lui tenir tête 3.
La doctrine de saint Basile ne diffère pas des observations de Cassien. Il va même jusqu'à dire que le moine esclave de cette passion ne parvient jamais à la surmonter complètement. L'expérience lui montrait que l'austérité d'une règle ne suffit pas toujours il prévenir les désordres . qu'elle entraîne à sa suite. L'action per^ sonnelle du supérieur était indispensable pour appliquer à ses victimes un remède efficace*. 11 n'y en avait pas de meilleur que le jeûne et l'abstinence, à condition de s'y appliquer avec persévérance et courage, et de ne négliger aucune des vertus monastiques^.
La pauvreté religieuse, non rnoins que la pénitence et la mortification, imposait au moine un régime austère. Voué à une existence laborieuse et privé de ressources, il devait vivre comme les travailleurs pauvres. Ce n'était pas chose facile à des hommes sortis des rangs de l'aristocratie romaine. Dans leurs palais d'Alexandrie, d'Antioche et de Constantinople, dans leurs somp-
1. s. Nil, De monasiica exercitatione, 55-69, P. G., LXXIX, 787-792.