Id., DevirhUe adhortatio, op. gr., t, I
plus propres à soutenir les forces de l'homme. Le serviteur de Dieu, d'après lui, se contente du nécessaire, et il évite soigneusement tout ce qui, dans la nature et l'apprêt des mets, n'a d'autre fin que de procurer une jouissance sensuellei. Le Seigneur veut que l'homme se fortifie en prenant sa nourriture; qu'il mange donc, comme il sied aux ouvriers de DieU, et non à la manière des animaux^. Quiconque dépasse les limites du nécessaire nuit à son corps, autant que celui qui cherche le plaisir en mangeant fait de son ventre un Dieu. Les produits de la contrée où est situé le monastère doivent toujours être préférés aux autres. Car il ne faudrait pas, sous prétexte d'abstinence, faire venir de loin des, mets coûteux et difficiles à. préparer^. Mais, remarque saint Basile, tous n'ont pas les. mêmes besoins. L'âge, le travail et la santé créent des nécessités particulières, qui doivent être prises en considération; la nourriture est faite pour les individus, et non les individus pour la nourriture. On ne peut donc soumettre tous les hommes à une règle d'une inexorable uniformité. Une maladie, un surcroît de travail, un voyage, peuvent demander une modification dans l'horaire des repas, la quantité, la qualité et l'apprêt des aliments. Une règle commune ne saurait prévoir tous ces cas. Au supérieur de voir ce qui convient à chacun, et de modifier lès prescriptions communes, quand la prudence l'exige ^. La même doctrine se trouve exposée par l'auteur des Constitutions monastiques^. On ne saurait pousser la discrétion plus loin.
La frugalité monacale excitait l'admiration de saint Jean Chrysostome. Elle procure à l'âme, disait-il, une grande force et une liberté précieuse. Les repas des solitaires sont dignes d'envie. Combien ils surpassent les banquets des mondains. On y goûte une paix profonde; point de vaines sollicitudes, de tristesse ni de colère. Il y règne un bonheur inaltérable^. A défaut de plaisirs sensuels, le moine trouve à table la santé et la force physique. Les praticiens de l'antiquité ne déclaraient-ils pas, en effet, que la
1. s. Basile, Reg.fus. tract., iiit. i8, P. G., XXXI, 966, 3. Id., Reg. hrev. tract., iiit. 139, ibid., 1175.
3. Id., Reg.fus. tract., int. 19, ibid., 967-970. Cf. Sermo asceticus, ibid., 875-