‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 279 sur 520 · S. Jean Chrys., In Matb.bom. 70, P. G., LVIU · texte numérisé non relu

S. Jean Chrys., In Matb.bom. 70, P. G., LVIU

frugalité est la mère de la santé, et que la satiété engendre des maladies contre lesquelles l'art est impuissant^?

Marc l'Ermite et son homonyme Marc Diadocios attestent, de leur côté, les avantages hygiéniques de la modération 2. Le premier déclare que des jeunes gens et des hommes d'une complexion délicate s'en accommodent fort bien. 11 fallait cependant une grande énergie pour arracher le corps aux exigences des habitudes contractées, et pour rester constamment fidèle à des pratiques austères. L'ascète devait être inflexible s'il voulait conserver les résultats acquis; une , faiblesse d'un instant suffisait pour compromettre les fruits de longues années de lutte; une première satisfaction donnée à la gourmandise en appelle toujours une seconde et une multitude d'autres s. Même au fond de la solitude, l'homme est tenté d'accroître et de fausser les exigences de sa nature et de mettre son art au service de ses appétits déréglés. Saint Nil mettait ses disciples en garde contre cette tendance*. Gomme saint Basile et tous les maîtres ses prédécesseurs, il enseignait que la simplicité et la discrétion doivent guider le moine dans le choix et la préparation de ses aliments, s'il veut donner à son corps le nécessaire sans oublier les droits de la pénitence et de la mortification s.

Plus que d'autres peut-être, les moines d'Egypte trouvèrent moyen d'unir l'abstinence. la plus rigoureuse à une irréprochable discrétion. Cassien leur. rend ce témoignage 6, « C'était, écrit-il, une coutume générale parmi eux de se nourrir en raison de ses forces physiques et des besoins de son âge, et de prendre tout ce que la nécessité demande et non tout ce qu'exige l'envie de se rassasier'^. » Les motifs qu'il met en avant et les règles qu'il trace rappellent par leur sagesse 'et leur mesure les enseignements de saint Basile. On retrouve sous sa plume les mêmes pensées exprimées en termes différents §.

1. \d., In Joan. bom., 22, P. G., LIX, 137. S. Jérôme, Ep. 125, n. 7, P. L., XXII, 1075.

2. Marcus eremita, De jejunio,?. G., LXV, iiii. Marcus Diadocius, De perfcctione spirituali, 4}, ibid.., 1181-1182.

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