‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 283 sur 520 · Id., IV, ibid · texte numérisé non relu

Id., IV, ibid

9. S. Grég. Naz;, Poemaad Hellenimn, v, 6^, 64, P. G., XXXVII, 1455,

d'imiter Daniel les fit jeûner durant trois semaines consécutives. Elles firent à jeun le pèlerinage de Jérusalem et celui de sainte Thècle à Séleucie i. Syméon Stylite avait l'habitude de passer tous les ans quarante jours sans nourriture 2. Ces faits, et d'autres qu'il serait facile d'énumérer encore, rentrent dans le cadre des abstinences miraculeuses dont s'occupe la théologie mystique 3. Ce merveilleux apparaît avec plus d'évidence encore dans la vie de quelques autres saints personnages. Appolonios d'Hermopolis vivait de quelques herbes qu'il mangeait tous les dimanches. Un ange, disait-on, lui apportait une nourriture céleste qui complétait ce mets frugal et lui donnait les forces nécessaires 'i. Jean de Lycopolis parlait d'un saint moine qui, durant dix années, ne goûta jamais d'aliments préparés sur terre. Un ange venait, paraît-il, lui donner, tous les trois jours , un pain mystérieux s. C'est quotidiennement que l'abbé Anuph en; recevait un semblable 6. On disait la même chose de l'abbé Helen et de plusieurs autres. L'histoire du corbeau qui portait à saint Paul une provision de pain est connue.

Les privations de ces hommes admirables édifiaient les solitaires qui en avaient connaissance, mais elles ne pouvaient leur servir d'exemples. Cassien atfirmait même n'avoir jamais rencontré ces pratiques extraordinaires chez les moines en qui tous vénéraient des modèles accomplis '^. L'àbbé Pœmen préférait de beaucoup la vie commune. Des frères lui demandèrent un jour la règle qu'ils auraient à suivre dans leurs jeûnes : « Je veux, leur répondit-il, que le moine mange chaque jour, de manière à ne pas se rassasier complètement. 11 est difficile de passer deux ou trois jours à jeun sans tomber dans la vaine gloire s. »

Un grand nombre de solitaires .égyptiens se contentaient d'un seul repas par jour. Ils le prenaient à une heure fixe. Cette régularité permettait de résister plus fiicilement aux tentations de la gourmandise, qui pousse à manger trop tôt 9. L'anecdote suivante

Page 1