Cf. Ladcuzc, p
LE RÉGIME ALIMENTAIHE ^0}
commun, au signal donné par l'économe i. Les moines cappadoctens mangeaient au milieu du jour; dans la suite on leur servit, le soir, ce qu'ils avaient laissé *.
Les jours de jeûne, l'unique repas se prenait à la tombée de la nuit. Les fidèles avaient la pieuse coutume de sanctifier par cette privation, en dehors du Temps pascal et des fêtes de TÉpiphanie, deux journées de chaque semaine, le mercredi et le vendredi; la première, en souvenir du Sauveur trahi par Judas, et la seconde pour honorer sa mort 3. Les moines s'y conformaient religieusement*. La règle attribuée à saint Macaire déclare que, en violant cet usage, on participerait à la trahison de Judas. Pour recommander cette pratique, saint Pakhôme racontait la vision suivante. Deux anges qu'il vit accompagner l'enterrement d'un religieux lui dirent : << L'un de nous est l'ange du vendredi, et l'autre, celui du mercredi. Ce mort n'a jamais cessé d'observer le jeûne de ces deux jours. C'est pour cela que nous avons dû honorer son âme, en assistant à ses obsèques s. » Les moines, cela va sans dire, se montraient les fervents observateurs du jeûne quadragésimal.
Leur régime alimentaire, avons-nous dit, était d'une irréprochable simplicité; il se composait de ce qu'on trouvait dans le pays. Les mets recherchés ne figuraient point sur la table 6. Excluaient-ils la viande et les poissons d'une manière absolue ? Saint Epiphane , qui connaissait les traditions monastiques de l'Orient, déclare que sur ce point la coutume n'était pas uniforme. Quelques-uns s'abstenaient complètement de toute espèce de chair, même de celle des poissons; ils n'acceptaient rien de ce qui venait
1. S. Pakhôme, Reg., 90, 102, P. G., 77-78. Pachomii vita, 34, Acta Sanci. Mali, t. III,. 309.
2. S. Basile,- Reg. brev. tract., lut. 133-138, P. G. XXXI, 1171-1174. Marin,. Les moines de Coiistantinople, 121.