‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 286 sur 520 · Vie arabe de saint Pakhôme, A. D. M. G., XVII · texte numérisé non relu

Vie arabe de saint Pakhôme, A. D. M. G., XVII

6. Evagre, Reruni monachalium ratioues, B. 8, P. G., XL., 12, 54, 55, 59.

de ranimai, ni œufs, ni lait, ni fromage. D'autres ne s'interdisaient que la viande des quadrupèdes et mangeaient sans la moindre diificulté poissons, oiseaux, œufs et laitage. II y en avait qui refusaient les poissons et les oiseaux, mais prenaient volontiers des œufs. On en trouvait encore qui rie voulaient ni pain ni fruit, ni rien qui eût subi l'action du feu'.

Par le fait, la présence du poisson et de la viande sur la table des solitaires, en quelques rares circonstances, est affirmée par des témoins 2. Plusieurs frères reçurent, au cours d'un voyage, l'hospitalité sous le toit d'un homme de, bien qui leur servit de la viande. Tous en mangèrent sans hésiter, à l'exception de l'abbé Pœmen. Comme ils le savaient très discret, ils témoignèrent quelque surprise de sa réserve. « Excusez-moi, nies Pères, leur dit-il, vous avez mangé de la viande, et personne n'en sera scandalisé; si j'en avais mangé, les jeunes frères qui viennent à moi en auraient souffert dans leur âme. L'abbé Pœmen a mangé de la viande, se diraient-ils, et nous n'en mangeons point ^ » Saint Epiphane, évêque de Salamine , qui restait fidèle aux observances monastiques, recevait à sa table saint Hilarion. On leur servit des oiseaux. L'évêque en offrit à l'abbé, qui refusa en disant : « Excusez-moi, Père, car depuis que je porte cet habit, je n'ai rien mangé qui eût vécu. » Epiphane lui fit cette réponse : «Ni moi, depuis que je porte cet habit, je n'ai laissé personne se coucher avec un ressentiment sur le cœur contre moi; et je ne me suis jamais endormi en ayant quelque chose contre mon prochain. — ^ Pardonnez-moi, répliqua Hilarion, votre pratique est supérieure à la mienne^. » Le patriarche Théophile ne crut pas exposer des moines à violer leur règle en leur faisant servir chez lui du veau. Mais ses hôtes le mangèrent sans savoir ce que c'était. Aussi, quand il vint à leur offrir un plat de je ne sais quelle viande, avouèrent-ils ingénument avoir mangé des légumes jusque-là et ne pouvoir accepter ce qui leur était offert 5. Ces faits montrent et que l'usage des aliments gras ne semblait pas absolument incompatible avec la vie monastique et que néanmoins les moines ne prenaient pas ordinairement la liberté d'en manger.

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