Marc, yUa S. Porphyrii, 10, P. G., LXV
5. Cyrille, KitaS. Euthymii, Acia Sanci. Jan., t. II, 680-681.
6. S. Pakhôme, Reg., 78, P. L., XXIIl, 76. S. Jérôme, Pref. in reg., ibid., 67. Palladc, Hist, laiis., XXXIX, P. G., XXXIV, 1103. Ammon, Epist., n. 16, Acta Saitci. Mail, t. III, 384. Fie copte de S. Pakhôme et vie arabe, A. P. M: G., XVII,. 117-118,376-377.
Le vin et b graisse n'étaient permis qu'aux malades; on les conservait à l'infirmerie'. Quand les frères travaillaient loin du monastère, la bouillie de lentille ou de farine faisait la base de leur alimentation; ils y ajoutaient des herbes marinées dans l'huile et le vinaigre, que l'économe faisait préparer à cet effet en quantité considérable*. Les moines coptes ne dédaignaient pas cette nourriture frugale. Les oignons restaient pour eux un mets succulent, comme ils l'étaient au siècle de Moïse. L'abbé Théodore dut infliger une réprimande sévère à un religieux qui. en avait trop mangé pendant le repas à la campagne. « Un homme moine, lui dit-il, ne doit pas manger une grande quantité de poireaux, parce que cela donne de la force au corps et soulève la guerre contre l'âme 3. »
Il y avait, on s'en souvient, chaque jour, deux repas à Tabènne, sauf les jours de jeûne. L'un se prenait à midi et l'autre le soir. Les vieillards, les enfants, ceux qui se livraient à un travail pénible ou qui souffraient de la chaleur excessive, profitaient seuls du second. Chacun mangeait suivant ses besoins. Plusieurs goûtaient seulement au pain*. Jl arrivait que certains plats revenaient intacts à la cuisine. Les cuisiniers en conclurent qu'il était inutile de les servir et de les préparer. Saint Pakhôme, en faisant la visite du monastère où cela se passait, apprit par un enfant qu'on ne servait plus aux frères ni herbes ni ragoût. Il se rendit à la cuisine où le cuisinier s'occupait à faire des nattes. Il lui demanda raison de sa négligence. « Les frères n'en mangent point, répondit le coupable, et je ne veux perdre ni mon temps ni les légumes. » Le saint abbé, après une réprimande sévère, jeta ses nattes au feu, en le blâmant d'avoir ainsi privé les religieux d'une occasion de se mortifier spontanément-''. Il tenait à ce que les tables fussent assez abondamment servies pour que nul n'en prît prétexté de dérober des aliments qu'il aurait mangés en cachette ''.
Ceux qui en avaient le désir pouvaient facilement pratiquer une abstinence plus rigoureuse'^. Pour le faire plus à leur aise, qucl-