‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 290 sur 520 · Vie arabe de sailli PaJihôme · texte numérisé non relu

Vie arabe de sailli PaJihôme

ques-uns obtenaient la permission de prendre leurs repas seuls dans la cellule. On leur donnait des petits pains, en nombre déterminé, du sel et de l'eau. C'était toute leur nourriture. Ils faisaient, les uns un repas chaque jour; les autres, un tous les deux jours. Quelques-uns jeûnaient plus longtemps encore i.

Les solitaires égyptiens considéraient comme un régal les feuilles de poireaux, les ■ herbes sauvages desséchées, le sel frit, les olives et les petits poissons qu'ils mangeaient en certaines circonstances"^. Ceux qui habitaient le désert étaient contraints de mener une vie extrêmement frugale'. Les ermites de la péninsule sinaïtique ne se traitaient pas avec moins de rigueur. Comment faire autrement dans une contrée où le sol ingrat ne produit à peu près rien malgré le travail de l'homme? Même avec de l'argent, aurait-on pu se procurer quelque chose dans ces solitudes ? Le pain n'abondait pas toujours. Des fruits à noyau, les feuilles et les pousses de quelques arbustes, des herbes, qu'ils ramassaient durant la belle saison, pour l'année entière, telle était la nourriture habituelle de ces serviteurs de Dieu. Et encore fallait-il en user avec parcimonie*.

Certains anachorètes de l'Egypte et de la Thébaïde vivaient de pain et d'eau. De ce nombre furent saint Antoine et son disciple Paul le Simple 5; Animons, l'un des quatre grands frères^, Albien, moine de Nitrie''', Evagre^, et Marc l'Ermite 9, ne conseillaient pas d'autre régime. Mais la plupart ne s'en contentaient pas. Le solitaire Elle y ajoutait quelques olives ^O; Dorothée, des herbes". Dans les premiers temps, c'était, avec le sel, le complément ordinaire de leurs repas. On employait rarement l'huile à cette époque de ferveur. Mais les successeurs des premiers anachorètes furent plus

1. s. Pakhôme, Reg., 79, P. L., XXll, 76-77. S. Jérôme, Pref. in Reg. S. Pachomii, ibid., 67. Pallade, Hist. latis., 39, P. G., XXXIV, 1103.

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