‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 291 sur 520 · Apophiegmala Patrum, P. G., LXV · texte numérisé non relu

Apophiegmala Patrum, P. G., LXV

larges ; ils augmentèrent peu à peu la ration et ils finirent par manger presque habituellement du fromage. L'abbé Jean se plaignit à Cassien de ce qu'il appelait un relâchements

Les moines usaient, en règle générale, du pain de froment. II y en eut, néanmoins, qui préférèrent le pain d'orge^ Saint Julien Sabbas ne voulait que du pain de millet". On en trouve qui voyaient dans le pain un aliment de luxe, -inutile pour des solitaires. Ils n'acceptaient rien qui eût passé par le feu. Le Syrien Macédonios vécut, pendant quarante années, d'orge pilée délayée dans de "l'eau, ce qui l'a fait nommer le Critophage. La mère de Théodoret, qui raconte ce détail, lui fournissait sa provision. Les infirmités et la vieillesse le contraignirent, dans la suite, à manger du pain*. Évagre du Pont fut obligé d'en venir là, après avoir passé seize années sans rien goûter qui eût subi l'action du feu s. Sabinos mélangeait une fois par mois de l'eau et de la farine ; il ne lui fallait pas autre chose 6. Des fèves trempées faisaient la nourriture d'Eusèbe, solitaire du diocèse de Cyr ; son grand âge, qui lui fit perdre toutes ses dents, ne put le déterminer à modifier son régime'^. Domnina et le reclus Acepsimas préféraient les lentilless. Le moine Abraham, évêque de Carres, trouvait inutiles,, lui aussi, les boulangers et les cuisiniers ;. il vivait de laitues et d'herbes, qu'il remplaçait en automne par des fruits^.

Les solitaires qu'on pourrait nommer herbivores, parce qu'ils ne mangeaient que des herbes crues, n'étaient pas rares à cette époque. Il y en eut au désert des Cellules, à Nitrie, à Scété et ailleurs en Egypte 'o, sur les bords du Jourdain et en Palestine". Ceux de Mésopotamie, connus sous le nom de moines pasteurs ou

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