Id., XVII, ibid
10. Pallade, Hist. laus., XLII-LXX, P. G., XXIV, 11 17-1 175. Paradisus Patrum, P. G., LXV, 45b. Rufin, Hist. mon., 11, P. L., XXI, 405. Sulpice Sév., DiaL, 1,
1 1 . Pallade, Hist. laus., LXXVII-LXXXIII-CXII, c. 1 181-1 182, 1215. Cyrille, Vita S. Euihymii, 3-5. Acta Sanct. Jaii., t. II, 668-670.
mieux paissants, sont les plus célèbres. Ils se nourrissaient, comme les animaux des champs, de ce que la terre produit sans culture, c'est-à-dire de fruits et d'herbes sauvages i.
Ces solitaires étaient exposés à de douloureuses surprises. Les plantes vénéneuses abondent dans ces pays; et il leur arriva de se méprendre. Postumianus raconte l'aventure d'un imprudent qui s'empoisonna et faillit en mourir. Un ibis lui apprit ensuite à reconnaître les herbes bonnes à manger'^. Par contre, la flore de ces contrées offrait aux hommes des herbes d'un goût fort agréable. Postumianus et ses trois compagnons de route en firent l'expérience chez un prêtre de la Cyrénaïque, qui leur avait donné l'hospitalité. Il leur servit la moitié d'un pain d'orge et un paquet d'herbes dont le narrateur a oublié le nom. Elles ressemblaient à la menthe et avaient un feuillage abondant. Leur saveur rappelait celle du miel. On les mangeait avec plaisir, déclare-t-il, et elles étaient nourrissantes'^.
L'eau était la boisson ordinaire des moines. Évagre recommandait instamment à ses disciples d'en user avec grande modération. Car, disait-il, l'eau, quand elle est prise en quantité, occasionne des fantômes obsédants*. Son maître, Macaire l'Egyptien, lui avait donné sur ce sujet une leçon très utile. Un jour où il était fatigué et altéré, il s'approcha pour lui demander à boire : « Qu'il te suffise de te mettre à l'ombre, lui dit le saint abbé ; des hommes voyagent à cette heure sur terre et sur mer, et ils n'ont pas ce soulagement. » De leur fut une bonne occasion de s'entretenir avec lui de l'abstinenje^. Quelques-uns poussaient sur ce point la mortification jusqu'aux dernières limites , en ne buvant jamais. Tels furent Abbas de Télédan^ et un anachorète égyptien dont parle Postumianus'''.
1. théodoret, i, ibid., 1294. S. Ephrem, Sermo in patres defunctos, op. gr., t. I, 178-179.