‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 295 sur 520 · Cassien, Inst., I. iv · texte numérisé non relu

Cassien, Inst., I. iv

8. Isaïe, Oratio \, P. G., XL, 1106, S, Jérôme, Epist. 22, n. 35, P. L., XXII,

frères, qui, de, leur côté, priaient le Seigneur de leur pardonner leurs- négligences et d'agréer favorablement leur semaine de travail. Le lendemain, quand les prières matutinales étaient finies, ils remettaient en bon état tous les ustensiles à ceux qui leur devaient succéder^. Comme, dans la plupart des solitudes monastiques de l'Orient, le bois était rare, il fallait soit en acheter, soit ramasser les branches des arbustes que produit le désert. L'embarras était grand si la provision venait à s'épuiser. Les solitaires se contentaient alors de légumes secs*, à moins que la chaleur du soleil ne parvînt à les amollir et à donner l'illusion d'une cuisson 3.

Quel que fût l'attachement des moines pour l'abstinence et le jeûne, ils n'en faisaient pas une de ces vertus qui obligent partout et toujours avec la même rigueur. Car la mortification ne saurait l'emporter sur la miséricorde, la patience ou la charité ; elle doit toujours leur être sacrifiée en cas de conflit. Voilà pourquoi l'arrivée d'un hôte ou la célébration d'une fête légitimaient la suppression d'un jeûne et une nourriture plus abondante et mieux préparée. Celui qui agissait autrement montrait une grande étroitesse d'esprit ; il méprisait la vertu de religion. Sa conduite était, de l'avis général, en contradiction avec les enseignements de l'Écriture *.

Le dimanche et, presque partout, le samedi se présentaient aux moines chaque semaine avec le caractère d'une solennité religieuse ; c'étaient deux journées d'allégresse pour l'âme et de repos pour le corps. Les frères honoraient ainsi la résurrection de Notre- Seigneur et ils faisaient une provision de forces physiques et morales qui les aidaient à porter plus courageusement le fardeau de la vie^. Dans ces jours, ils prenaient à midi un repas souvent meilleur que d'habitude^. Les rares fêtes qu'ils célébraient dans le

Page 1