‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 30 sur 520 · Pallade, Historia latisiacà, 89. P. G. XXXIV · texte numérisé non relu

Pallade, Historia latisiacà, 89. P. G. XXXIV

5. yerH miprmi, Hb. m, 4; Rosweyde, î^itce Palnim, I. VI, P. L., LXXIII, 1007,

Sarrasins, refusèrent de quitter leur retraite pour chercher un refuge auprès des villes ou dans des lieux habités. La peur de la mort ou de la captivité était moins puissante sur eux que la crainte de perdre l'intimité divine, qu'ils goûtaient dans le désert^.

Les femmes n'échappaient pas à cette fascination de la solitude. Deux anciens parcouraient le désert qui avoisine Scété. Un son, qui ressemblait à une voix humaine, leur révéla tout d'un coup la présence de quelque être vivant. Ils cherchèrent d'où venait ce bruit et ils découvrirent bientôt l'entrée d'une caverne qui servait de refuge à une femme. Elle était là depuis trente-huit ans et n'avait jamais vu personnel L'isolement dans lequel vivait saint Paul est trop connu pour qu'il y ait à en parler.

Mais ce ne sont là que des faits exceptionnels. Les ermites n'observaient pas d'ordinaire une séquestration aussi absolue. Souvent ils avaient autour d'eux soit un disciple, soit un compagnon de solitude. Saint Jean Chrysostome passa les quatre années de sa vie érémitique auprès d'un ancien, qui était son maître 3, Le solitaire que saint Porphyre rencontra dans l'île de Rhodes avait un disciple à ses côtés ^. Saint Antoine admit quelque temps Paul le Simple à vivre dans sa cellule; lorsqu'il crut sa formation suffisante, il lui en assigna une qui n'était pas trop éloignée 5.

Il serait facile de multiplier les exemples; car ils furent très nombreux, surtout en Egypte et en Thébaïde. Ces jeunes ermites, en échange des soins spirituels qu'ils recevaient, rendaient à leurs maîtres tous les services qu'ils pouvaient en attendre. Ils faisaient leur cuisine, allaient chercher de l'eau, et leur procuraient tout ce dont ils. avaient besoin. Quand ils n'avaient pas.de disciple, les anachorètes choisissaient parfois un compagnon qui habitait, soit dans la même cellule, soit dians le voisinage. Mais la cohabitation présentait de sérieux inconvénients: l'expérience était là pour le montrer. Deux hommes, toujours en face l'un de l'autre, au fond d'un désert, sans la moindre distraction, ont besoin, pour se supporter longtemps, d'être unis par les liens d'une affection vraiment surnaturelle. Comment avoir sans cela le courage de sacrifier

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