‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 303 sur 520 · Id., ep · texte numérisé non relu

Id., ep

4. S. Grég. Nys., De InsUtuto Christiano, P. G., XLVI, 302-303,

5. S. Ephrem, De Oratione, op. gr., t. III, 19-21. Cf. S.Jérôme, ep. 58, P. L., XXII, 583.

Les degrés les plus élevés de l'oraison n'étaient pas inconnus des Pères du désert. Quelques-uns en ont parlé avec un accent qui n'a rien perdu de sa force. On aime à lire l'éloge que saint Grégoire de Nazianze fait du moine arrivé, par l'austérité et les exercices de la vie religieuse, à une étroite union avec Dieu. Ses sens sont pour ainsi dire fermés aux choses extérieures ; il vit en dehors du monde et de son propre corps ; il se maintient toujours en luimême comme dans un sanctuaire d'où il ne sort que poussé par des nécessités impérieuses pour se mettre en rapport avec les hommes. Aucun souvenir de la terre n'est admis dans cette solitude ; il n'y a que lui et Dieu : des entretiens intimes les unissent l'un à l'autre. Son cœur est devenu comme un miroir très pur, qui reflète sans cesse l'image de Dieu et des choses divines ^

Cette prière ininterrompue semblait, de prime abord, au-dessus des forces de la nature humaine. Mais les maîtres de la vie spirituelle ont eu soin de la présenter sous une forme qui la mettait à la portée, sinon de toutes les âmes, au moins de la plupart des cœurs généreux. On demandait un jour à l'abbé Diodes, anachorète d'Antinoé, comment l'oraison pouvait durer toujours. Sa continuité, répondit-il, n'exige pas l'application directe et ininterrompue de l'esprit à l'idée de Dieu. Il suffit d'être constamment occupé de pensées saintes ou pieuses pour être sans cesse en la compagnie du Seigneur". Ce n'était donc pas une prière propreinent dite que les moines recherchaient ainsi, mais plutôt une ■direction générale des pensées et des sentiments vers les grandes vérités de la foi , parfaitement compatible avec les occupations ordinaires de la vie, qui n'infirmait en rien la loi du travail. La^ règle de saint Pakhôme montre l'union pratique de ces deux principes fondamentaux de toute vie " religieuse, au IV^ siècle comme de nos jours. Elle voulait que le moine eût sans cesse la prièr.e sur les lèvres ou dans le. cœur,, en allant de la cellule à l'oratoire ^ ou de l'oratoire à la cellule*, avant, pendant et après le travail^', ■en remplissant un office 6, jusque durant les insomnies'^. 11 en

1. s. Grég. Naz., O ratio H Àpologetica, 7, P. G., XXXV, 414-41 s.

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