‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 305 sur 520 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

5. S. Nil, De voliiiitaria paiiperlaU, 27, 28, P. G., LXXIX, 1003.

besoins spirituels. Cette métiiode leur semblait si naturelle qu'ils exprimaient souvent la pensée de prière par ces mots : méditer les divines Ecritures, ou par d'autres semblables.

Beaucoup auraient craint d'encombrer leur âme avec des textes trop longs. Ils s'arrêtaient à quelques versets bien choisis; parfois un seul leur suffisait. On en trouve un exemple dans la vie de Patermutios, le chef de brigands qui se fit moine après sa conversion. Sur sa demande, les prêtres qiii devaient le baptiser lui apprirent les psaumes. Ils commencèrent par le premier. Le néophyte les écoutait avec la plus religieuse attention. Quand ils eurent fini le verset troisième, il les pria de s'interrompre. Cela lui suffisait pour le moment!, disait-il. Le solitaire Paphnuce, qui renferma dans un réclusoire Thaïs la pécheresse, voulut la mettre à même d'obtenir du Seigneur un complet pardon. Elle devait pour cela se juger indigne de prononcer le nom de Dieu ou d'élever ses mains vers le ciel. 11 lui prescrivit de se tenir assise le visage tourné vers l'Orient, et de répéter souvent, cette prière, dont le sens était emprunté aux Saintes Ecritures : « Vous qui m'avez créée, ayez pitié de moi ^, »

L'àbbé Isaac, qui a donné sur l'oraison des enseignements si pratiques, proposait à Cassien un texte qui était à la portée des esprits les plus simples et pouvait néanmoins satisfaire les aspirations des âmes les plus élevées. Il exprime tous les sentiments dont est capable la nature humaine ; il convient à tous les états et répond aux nécessités les plus diverses. On y trouve un appel au secours divin contre tous les assauts de l'ennemi, la confession pieuse de son néant, la vigilance qu'inspire la crainte du Seigneur, le sentiment de sa propre fragilité, la confiance dans la miséricorde divine, le souvenir de la présence de Dieu, l'ardeur de la charité. C'est encore une arme redoutable aux démons. Ce texte que l'abbé Isaac nomme «la formule de la théorie spirituelle », et qui renferme toute la substance des Ecritures, n'est autre que le verset \ Deus in adjutorium meimi intende; Domine ad adjuvandum me festina^. Isaac conseillait de le méditer sans cesse. « Que le sommeil te surprenne réfléchissant sur ces paroles, disait-il... Qu'elles se présentent les premières à ton esprit au moment du réveil... Qii' elles te suivent

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