Ps. I.XIX
dans toutes tes occupations... Tu les inscriras sur la porte de tes lèvres, et au plus intime de ton cœur^. »
Dans un entretien précédent, le même abbé Isaac avait recoinmandé une formule encore plus parfaite et plus élevée. C'est celle que Notre-Seigneur avait lui-même enseignée à ses disciples, l'oraison dominicale 2. Les développements du Pater et du Deus inadjutormm, que Cassien recueillit de la bouche du saint homme, montrent comment on faisait oraison avec le secours de la Bible. Les moines ne se contentaient donc pas d'une banale répétition de mots ; ils s'appropriaient un texte facile à retenir, qui leur fournissait un thème abondant pour les applications personnelles.
Les Saints Livres n'étaient pas le seul moyen pour le moine de s'élever à la considération des choses divines et de prier. La nature et ses spectacles, les événements qui se déroulaient sous ses yeux, l'invitaient encore à nourrir son âme de la pensée des vérités éternelles, car ce que l'homme aperçoit surterre n'était, pensait-on, que l'image des biens spirituels\ La tendance des Egyptiens à symboliser tout leur facilitait singulièrement cette méthode d'oraison. Même en dehors des réflexions par trop subjectives que leur fournissait ce procédé, les esprits plus positifs, comme il s'en trouvait en Asie-Mineure et en Syrie, avaient, dans la grandeur des œuvres divines et dans les dispositions habituelles de la Providence, un moyen aisé de s'élever à la pensée de Dieu, toujours admirable dans ce qu'il fait^. Je ne crois pas que, parmi les écrivains ascétiques de cette période, il y en ait un qui ait parlé avec plus de netteté et d'élévation que saint Nil du secours. que la nature peut prêter au contemplatifs.
Si l'admiration, l'amour, l'entretien ftimilier avec le Créateur, tenaient une grande place dans la vie spirituelle des Pères du