Cassien, Coulât, i
5. Cf. S. Nil, De voliiiitana paupertate, 61-64, P. G., LXXIX, 1051-106, où il développe ce verset du ps. 142 : MedUabitur in opcribiis tiiis et in ttiis sttidiis seti fadis maiittum liiarinn assidue conteinplabor, 1. \\,jp, .119, c. 251; <?/>, 127, 128,
LA PRIERE ET LA LITURGIE J2<j
désert, Ui demande n'en était pas exclue. Ils désiraient vivement, cela va sans dire, voir toutes leurs piières exaucées. La confiance et la persévérance étaient pour cela des conditions indispensables : l'Ecriture l'affirmait, les anciens le répétaient après elle^
Le succès ne venait pas toujours couronner leurs désirs. Pour leur épargner une déception, saint Basile conseillait à ses disciples d'user d'une grande prudisnce, afin de ne pas demander n'importe quoi, pour n'importe qui, à n'importe quel moment\ C'est en se conformant à ces leçons de la sagesse que les saints moines pouvaient obtenir que toutes leurs demandes fussent exaucées. L'abbé Apollonios ne se hasardait jamais à solliciter ce que Dieu refuse ordinairement. Aussi ses prières étaient-elles toujours entendues-^.
Les solitaires dignes de leur vocation évitaient de se renfermer dans les étroites limites de l'égoïsme. On savait leur cœur largement ouvert à la compassion. 'La confiance en leur bonté et en leur crédit auprès de Dieu attirait souvent et de fort loin les hommes autour de leurs cellules. Ils s'intéressaient à quiconque avait besoin de la miséricorde divine. On pouvait appliquer à beaucoup d'entre eux l'éloge queThéodoref faisait de Syméon le Stylite. Dans sa prière, qui durait le jour et la nuit, il ne négligeait jamais le soin des Eglises ; tantôt il combattait avec cette arme spirituelle contre l'irhpiété des gentils ; tantôt il s'en servait pour briser l'obstination des juifs ou pour dissiper les troupes des hérétiques^. L'Eglise et les fidèles le savaient. Rien n'était plus capable de concilier aux moines leur estime et leur gratitude.
Mais cette prière n'était pas toujours chose facile. Elle demandait, pour être agréée de Dieu, une grande pureté de cœur. Or, comment acquérir et conserver cette disposition avec une nature faible, impressionnable et accessible aux plus extravagantes imaginations? La prière cependant, remarquait saint Nil, n'avait toute sa puissance que si elle sortait d'un cœur maître de lui et vainqueur de ses passions ". Il fallait donc lutter avec force et persévérance contre les pensées inutiles les plus inoffensives, sans quoi les distractions seraient bientôt venues corrompre l'oraison*^. Cela