‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 308 sur 520 · Id., De voluiitaria paupcrtate, 28^ P. G., LXXIX · texte numérisé non relu

Id., De voluiitaria paupcrtate, 28^ P. G., LXXIX

était d'autant plus nécessaire que les diables choisissaient de préférence le moment de la prière pour livrer à l'âme des moines les plus rudes assauts 1. Impossible de leur tenir tête si l'on n'avait ordinairement son cœur éloigné de tout ce dont le souvenir aurait pu l'agiter. Un homme de grande expérience, Jean de Lycopolis, l'affirmait". En somme, aucun exercice n'exigeait autant d'application et de travail intime \

Macaire d'Alexandrie voulut expérimenter ce qu'il lui serait possible d'obtenir de lui-même. Voici comment il en rendit compte à Pallade : « Je pris la résolution de passer cinq jours dans une prière si fervente que mon esprit ne s'écartât pas un instant de la pensée de Dieu. Je fermai ma cellule de manière à n'être troublé par aucune visite. Et in'adressant à mon âme, je lui tins ce. langage : Veille à ne point descendre du ciel. Tu as les anges, les archanges, toutes les puissances célestes, les chérubins et les séraphins ; tu as le Dieu créateur de toutes choses. Vis en leur compagnie ; ne descends pas au-dessous des cieux, en te laissant choir en des pensées terrestres. Cela se passa bien durant deux jours et deux nuits ; mais, lorsque commença la troisième journée, le diable fît tant et si bien qu'il me fut impossible de continuer'''. » Et pourtant Macaire était un homme d'une vertu peu commune.

Il paraît, c'est Evagre qui l'affirme, que les distractions se présentaient avec plus d'insistance encore pendant la célébration des offices^. A Tabenne, on citait avec admiration l'exemple de Cornélios, qui était capable de passer tout un office sans avoir la moindre pensée vaine. Un jour Théodore leCitadin,qui gouvernait la maison des moines grecs, s'entretenait de cette ferveur extraordinaire avec le saint abbé Pakhôme. «J'ai maintes fois essayé d'en faire autant, avouait-il; à peine ai-je pu faire trois prières en me gardant des pensées qui luttent dans mon cœur sous une multitude de formes 6. » Combien de moines auraient pu tenir le même langage ou répétaient

1. Evagre^ Reriiin nioiiachalitini ratioiies, 11, P. G., XL, 1263. L'abbé Moïse cxpOsc longuement à Cassien la nature et l'origine des distractions et les moyens de s'en débarrasser. Coulai., \, p. 17-26.

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