‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 309 sur 520 · Ferba Senionim, P. L., LXXlll · texte numérisé non relu

Ferba Senionim, P. L., LXXlll

6. Vie copte de S. Pakhôtue, publiée par Amélineau, A. D. M. G., XVll, 149.

ces paroles d'un autre Théodore : « Si Dieu nous rendait responsables de nos négligences au temps de la prière et des pensées qui nous dominent pendant la psalmodie, nous ne pourrions être sauvés 1. »

Les moines de Scété racontaient une vision qu'avait eue l'abbé Macaire, nommé plus haut. Le diable vint frapper à la porte de sa cellule durant la nuit. « Lève-toi, abbé Macaire, dit-il, allons ensemble au lieu où les moines se réunissent pour célébrer les vigiles. Tu ignores qu'il ne se fait aucun office, aucune réunion, où nous ne soyons présents. Viens donc, et tu verras ce que nous faisons. » Macaire se rendit à l'oratoire. Il aperçut une multitude de petits Éthiopiens qui couraient de côté et d'autre. Les uns s'appprochaient des frères qui étaient assis; s'ils s'amusaient à mettre les doigts sur les paupières d'un moine, il s'endormait aussitôt; s'ils enfonçaient les doigts dans la bouche d'uni autre, cela suffisait pour le faire bâiller immédiatement. Quand les frères se prosternaient à la fin d'un psaume pour prier, ils faisaient passer devant leurs yeux mille fantômes, tantôt une femme, tantôt une maison qui se bâtissait, tantôt autre chose. -Au sortir de l'office, Macaire interrogea les moines sur les pensées qu'ils avaient eues; leur aveu correspondit à ce. qu'il lui avait été donné de voir^

Pour fixer plus aisément leur esprit, les moines employaient volontiers des moyens extérieurs. La posture du corps peut exercer sur l'âme une influence réelle. Voilà pourquoi la génuflexion était en grand honneur dans les solitudes orientales. Cette attitude humble convenait bien à la créature en face de son Créateur ; elle l'aidait à s'élever jusqu'à lui. Saint Grégoire, en célébrant les vertus et l'austérité des moines de Nazianze, parle de leurs genoux durcis par les génuflexions prolongées. Ils se frappaient la poitrine en signe de pénitence, et ils poussaient de profonds soupirs \ Avant d'établir son monastère auprès d'Hermopolis, Apollonios faisait cent oraisons le jour et autant la nuit, chaque fois fléchissant les genoux 'î. Il lui fallait évidemment un système quelconque pour lui permettre de compter ses prières. L'abbé Paul, du désert de Pherme, qui en récitait trois cents par jour, por-

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