Rufin, Hist. moiiach., vu
tait dans les plis de sa tunique autant de petits cailloux, qu'if retirait au fur et à mesure de sa récitation i.
On eii trouvait qui préféraient se tenir debout. Zébina, sur ses vieux jours, n'ayant plus la force de garder cette position . durant toute sa prière, s'appuyait sur un bâton ^ D'autres aimaient mieux se tenir tantôt à genoux, tantôt debout '\ Quelques solitaires égyptiens avaient la dévotion de prier les bras étendus. C'est ainsi que Moïse priait sur la montagne, figurant par cette attitude le Sauveur en croix. Saint Nil conseillait de combattre Satan avec l'arme de l'oraison, en tenant aussi les mains étendues^, car rien ne saurait être plus utile à une âme^. Quelqu'un demandait un jour à l'abbé Macaire comment il fallait s'y. prendre pour bien prier. Voici quelle fut sa réponse : « Les paroles superflues ne sont pas nécessaires. Il suffit d'étendre les mains et de dire : Mon Dieu, qu'il soit fait comme vous voulez et selon votre bon plaisir 'i. » Arsène gardait les bras en croix pendant ses longues oraisons, qui remplissaient les nuits du samedi au dimanche"^. Bessarion,Pakhôme et plusieurs autres 8 priaient de la même manière. L'abbé Tithœos n'avait qu'à prendre cette posture pour être favorisé d'un ravissement. Aussi, lorsque des moines étaient avec lui, évitait-il soigneusement de le faire, dans la crainte de recevoir en leur présence semblable faveur 9. Zacharias surprit l'abbé Sylvain les bras en croix et l'esprit hors de lui-même. H resta ainsi jusqu'à l'heure de none ^o. Sainte Macrine avait l'habitude d'accompagner sa prière d'un léger mouvement de mains i^. Lorsque, sur son lit de mort, elle n'avait plus la force de se faire entendre, l'agitation de ses lèvres et la cadence de ses mains montraient qu'elle priait toujours ^\
11 y eut des moines qui croyaient rendre leur prière plus effi-
I, Sozomènc, Hisi. eccles., 1. VI, 24, P. G., LXVII, 1379. a.Théodoret, /?^%/osfl Ws;^., XXIV, P. G., LXXXII, 1459.