‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 311 sur 520 · Verha Seniorum,ç)C · texte numérisé non relu

Verha Seniorum,ç)C

II. Grég. Nys., Vita S. Macriiuv, P. G., LXVI, 983. 12. Ibid., 986.

cace en la faisant à haute voix. Quelques-uns allaient même jusqu'à' se figurer que des cris arriveraient plus vite au cœur de Dieu. Des imaginations surchauffées étaient seules capables d'agir ainsi. Tout cela dénotait des idées fausses sur la nature de Dieu, sur celle de l'homme et sur les conditions d'une prière véritable. Saint Macaire mettait ses moines en défiance contre cette méthode bruyante i, si peu conforme à l'humilité. Celui qui l'employait se donnait le ridicule de sembler vouloir contraindre le Seigneur à répandre sur son âme des faveurs qui ne pouvaient être sollicitées sans- indiscrétion. Mieux valait prier tranquillement que scandaliser par ces manifestations étranges ceux qui en étaient les témoins ^ Saint Nil, qui ne défendait pas de formuler sa prière d'une voix intelligible, condamnait ces cris et les déclarait inconvenants et déraisonnables. Il jugeait en cela comme la plupart des auteurs qui ont écrit sur l'oraison et sur les règles qu'il faut suivre en la faisant 3.

Tout ce que nous venons de dire se rapporte principalement à la prière individuelle des moines. II y avait d'autres prescriptions pour régler la prière liturgique, à laquelle ils furent astreints dès l'origine ; les plus anciens monuments de la discipline religieuse l'attestent. Les législateurs monastiques n'eurent pas à la créer de toutes pièces; elle existait déjà dans les communautés chrétiennes; ■ il leur suffit de l'approprier aux be'soins des moines, en usant d'une liberté que personne ne leur contestait alors. C'est ainsi que se forma, la liturgie monastique.

Mais, sur ce point comme sur tant d'autres, l'initiative individuelle n'étant soumise à aucun contrôle efficace, chacun faisait ce qui lui plaisait et se fixait la règle qui lui convenait le mieux. Le zèle qui emportait certains moines n'était pas toujours un zèle discret. II ne faut donc pas être surpris de rencontrer dans cette forme de l'oraison, qu'on pourrait nommer régulière, la même

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