Id., ep. 130, n. 15., ibid
4. S. Ephrem, BeaUiudines, opéra grae., 1. 1, 291 ; Parœneses, 18-20, 1. 11, 93-95. 3. Id., ^/). 130, n. 15, ibid., II 19.
5. Pseudo-Athanase, De virginiiaie, 12, \6, 17, 26; P. G.-, XXVIII, 269, 270, 271, 275.
6. S. Jean Chrysost., in Ep. lad Tùnotheum hom., xiv, P. G., LXII, 576-577. Cf. Marin, Les Moines de Consiantinople, 461-462.
7. Théodoret, Relig.hist., 4, 10, P. G., LXXXII, 1343, 1390..
8. Id., 21, ibid., 1442-1446. Il ne parle de ces offices qu'en passant. On ne saurait se faire d'après ses écrits une idée suffisante de la liturgie monastique syrienne. Il mentionne ailleurs les réunions du matin et du soir, Ep. 145, P. G., LXXVIII, 1377.
9. S. Basile, Reguhe fusius iradaUe, int. 37, P. G., XXXI, 1014-1016. Un sermon ascétique, qui lui est faussement attribué, parle seulement des offices du milieu de la nuit, du matin, de la troisième heure, du milieu du jour, de la neuvième heure et du soir, P. G., XXXI, 878.
passer dans sa Règle, en attendant qu'elle soit adoptée par l'Eglise romaine. L'office basilien du milieu de la nuit correspond aux matines; celui de l'aurore aux laudes; celui du matin, à prime. Les prières de la troisième, de la sixième et de la neuvième heure sont tierce, sexte et none de la liturgie romaine. Les vêpres actuelles se trouvent dans la réunion de la fin du jour, et les compiles, dans celle du commencement de la nuit.
Mais que penser alors de Cassien, quand il attribue aux habitants de son monastère de Bethléem l'honneur d'avoir les premiers institué l'office de prime ? Voici dans quelle circonstance il fut établi. Après le dernier office de la nuit, qui correspond aux laudes actuelles, les frères avaient la permission de dormir. Quelques-uns en usaient trop largement et prolongeaient leur sommeil jusqu'à la troisième heure. Ce fut pour les obliger à secouer leur torpeur qu'on eut l'idée de placer une réiiirtion liturgique au moment où le soleil se lève. Ce moyen réussit. Les monastères d'Orient qui ne l'avaient pas, puis ceux de l'Occident, adoptèrent bientôt cet office du matin, ou de prime i. L'auteur des Institutions, qui connaissait très bien les usages de la Palestine et de l'Egypte, était moins bien renseigné sur ceux de la Cappadoce. Il n'y a donc rien qui puisse surprendre, s'il fait à des moines bethléémites l'honneur d'avoir établi une prière commune, qui existait ailleurs depuis assez longtemps, sans qu'il en eût connaissance 2.
Cette distribution de la prière en commun dans le cours de la journée s'accordait parfaitement avec les exigences de la vie monastique. Toutefois, quand il s'agissait de la recommander, les moines insistaient plus volontiers sur son origine scripturaire. La Bible était à leurs yeux le fondement de toutes les règles. Pouvaiton donner à un usage une autorité supérieure à celle qu'il portait avec lui, si l'on finissait par retrouver sa trace dans les Livres divins? Plusieurs se préoccupaient d'imiter dans le nombre des offices le Septies in die laudem dixi tibi du roi David 3. Us étaient particulièrement heureux lorsqu'ils trouvaient des textes précis se rapportant à chacune des heures de la prière. La liturgie devenait alors un legs des pères dans la foi ; il fallait l'observer avec une
1. Cassien, Iiist., 1. m, n. 4, p. 38. .2. Cf. Pargoire, Prime et CompUes. Rev. d'hist. et de littérat. religieuse, t. III 281-288. '
3. Pseudo-Basile, Seymo ascelicus, P. G., XXXI, 878. ApopMegmata Palriiiii, P. G,, LXV, 166. Cassien, Iiist., 1. ui, 39.
fidélité scrupuleuse. Quelques exemples feront mieux saisir la pensée des législateurs et de leurs disciples.
Lorsque saint Basile parle de l'oifice du matin (prime), il cite ce passage des psaumes, Mane astabo tibi^. La troisième heure lui rappelle la descente du Saint-Esprit. Les Apôtres ont consacré par leur prière la sixième et la neuvième heures. Paul, Silas et David ont loué le Seigneur au milieu de la nuit. Le Psalmiste a lui-même inauguré la prière d'avant le jour (laudes), puisqu'il dit : Prœvenermit ociili met diktculum'^. L'auteur du Sermo ascetims, que nous avons déjà cité, trouve dans le psaume 54 ^ les prières du soir, du matin et du milieu du jour, et dans le psaume 68, l'oifice nocturne. La neuvième heure lui remet sous les yeux de l'esprit le souvenir de la mort du Sauveur; la troisième est consacrée à honorer la venue de l'Esprit-Saint^. Des pensées analogues se présentent sous la plume de l'auteur du traité D^ la V'irgimté"^ et de Cassien^.
L'heure de ces offices n'était pas abandonnée au choix de chacun. Il fallait commencer la prière au moment déterminé par la tradition. Cela ne présentait pas trop de difficultés durant le joui'. Il n'en était pas de même pour l'office de nuit. L'inconscience de l'homme plongé dans le sommeil devenait une difficulté qu'il n'était pas toujours facile de résoudre, surtout dans les cellules des anachorètes. Les cénobites et les ermites, qui étaient plus ou moins groupés, échappaieiit sans trop de peine à cet inconvénient. L'un d'entre eux passait la nuit à veiller. Il suivait attentivement le cours des astres; les Orientaux n'avaient pas d'autre moyen de reconnaître l'heure nocturne. On lui recommandait de faire la garde avec le plus