Cassien, Iiisl., 1. m
grand soin, de manière à n'éveiller les frères ni trop tôt ni trop tard'. Pallade raconte tout au long l'existence d'un certain Adolios qui avait pris sur lui la charge d'éveiller habituellement les moines qui habitaient à Jérusalem la montagne des Oliviers. Dès la tombée de la nuit, par n'importe quel temps, il se tenait debout en plein air, récitant des psaumes ou des prières jusqu'à ce que l'heure du réveil fût arrivée. Si les nuages voilaient le ciel, il pouvait à l'aide de ces prières mesurer le temps. Au moment voulu, il s'en allait frapper avec un petit maillet à la porte des cellules, pour éveiller les frères et les convoquer à la louange divine. Il assistait ensuite à la psalmodie, tantôt dans un oratoire, tantôt dans un autre. Puis il prenait dans sa cellule un peu de repos jusqu'à la troisième heure ^ Le chant du coq fournissait parfois aux moines un signal assez sûr ". Comme l'excitateur du mont des Oliviers, les moines égyptiens ^ et leurs confrères de la Mésopotamie ^ frappaient aux portes pour annoncer l'heure. C'était le moyen le plus simple. Les moniales de sainte Paule à Bethléem se convoquaient ^au chant joyeux de l'alleluia 6. Les Tabenniotes préféraient le son d'une trompette '5'. On se servait du même instrument pour annoncer les offices de jour et de nuit.
Le milieu de la nuit semble avoir été l'heure généralement admise pour commencer la prière nocturne s. Il ne s'agit évidemment pas d'un monient fixé avec une rigueur toute mathématique. Dans un grand nombre de monastères, on disposait tout de telle sorte que les moines n'eussent pas à se mettre au lit après l'office. On tenait beaucoup à ce qu'il fût célébré pendant les ténèbres. Un solitaire demandait à un ancien ce qu'ilaurait à faire s'il venait à se réveiller trop tard. « j'ai hâte alors, disait-il, de m'acquitter de ma tâche. — Lève-toi aussitôt réveillé, lui fut-il répondu, et, s'il fait jour, ferme la porte et les fenêtres, et récite ton office 9. »