Cassien, Iiisl., 1. 111, 40. Coiilatio, XXI
de conserver intacte pour la journée la pureté de cœur qu'ils avaient acquise par la prière nocturne. Il leur était interdit de s'abandonner au sommeil i. Quelques-uns cependant tenaient à continuer leur psalmodie jusqu'au jour. C'est ce que firent saint Antoine et son disciple Paul le Simple \ Telle était aussi la coutume des moines de la Péninsule sinaïtique 3. Ceux qui prolongeaient ainsi leurs veilles ne pouvaient alors se contenter de douze psaumes, lisse faisaient eux-mêmes une liturgie. L'abbé Sarapion trouva moyen de réciter le Psautier complet, en faisant suivre chaque psaume d'une oraison dont le texte était déterminé par la grâce qu'il voulait obtenir; il y ajouta la récitation d'une grande partie des ÏBpîtres de saint Paul'^. On peut, d'après cet exemple, juger de ce que faisaient les autres.
A Tabenne, l'office nocturne se composait de psaumes, d'oraisons et de lectures ; il en était de même des offices du jour^. Mais impossible de dire quels ils étaient. L'expérience avait fait comprendre à saint Pakhôme qu'il était prudent de ne pas surcharger les moines par la récitation de prières trop longues. Au début de sa vie religieuse, Palamon, son maître, lui demanda de prier pendant une grande partie de la nuit, et cela durait parfois la nuit entière, ce qui lui parut fort pénible 6. Il y avait une façon de célébrer les veilles saintes que Pakhôme avait apprise du même abbé Palamon. Elle consistait à donner la moitié de la nuit au repos, et à sanctifier le reste par l'oraison ; on pouvait commencer soit par le sommeil, soit par la psalmodie. Le fondateur de Tabenne en parlait à ses moines durant un voyage. Il leur proposa une autre méthode qui avait la même origine. Les frères se levaient après quelques instants de repos ; et les un spsalmodiaient pendant que les autres continuaient à dormir. Ceux-ci reprenaient ensuite l'office pour permettre aux autres de se reposer. La prière se continuait en alternant toute la nuit. Cette disposition plut aux compagnons du saint abbé, qui l'observèrent pendant leur voyage'^.