‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 329 sur 520 · Silviœ peregrinatio · texte numérisé non relu

Silviœ peregrinatio

s'agissait donc avant tout de disposer les chants et les cérénionies de telle façon que l'esprit pût sans trop de peine se maintenir en éveil et suivre le sens des paroles entendues ou prononcées.

Voici comment la chose se passait en Egypte. Les moines étaient assemblés ; un frèi'e debout chantait un psaume ; si le psaume était long, il le partageait en deux ou trois sections pour ne pas fatiguer trop l'attention ; les autres l'écoutaient dans un profond silence, en travaillant des mains, assis sur des sièges très bas. Un psalmiste inexpérimenté ou emporté par la ferveur risquait d'oublier le point où il fallait s'arrêter; dans ce cas, un ancien frappait son siège delà main pour lui donner le signal de se taire. Une fois le chant terminé, les moines se levaient, étendaient les bras et faisaient une oraison mentale, qui durait quelques instants. Puis ils se prosternaient à terre afin d'adorer la majesté divine. Cette prostration était de courte dureté. Au signal donné par un ancien, tous se relevaient et priaient encore les bras étendus. Un frère récitait alors à haute voix une formule, nommée collecte, dans laquelle il réunissait les prières des assistants pour les offrir à Dieu i. Le texte de ces oraisons était improvisé. On réservait volontiers l'honneur de les réciter aux hôtes dont on avait reçu la visite^.

Les frères se succédaient les uns aux autres dans la récitation des psaumes jusqu'au douzième, qui se chantait avec Alléluia. Les Egyptiens ne concluaient les psaumes par la doxologie Gloria Patri que s'ils les chantaient à deux chœurs''. Soit en Egypte, soit en Palestine, On intercalait V Alléluia dans la récitation des psaumes qui avaient ce mot pour titre *.

L'usage de terminer les psaumes par une oraison ou collecte était assez général en Orient. On le trouve à Tabenne, où il y avait à chaque office autant d'oraisons qUe de psaumes s, à Jérusalem '^j où la prière était dite par un diacre ou par un prêtre. Le pseudo- Athanase recommande aux vierges de faire suivre chaque psaume d'une génuflexion et d'une oraison"^.

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