‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 337 sur 520 · F'er&fl 5emor«/w, P. L., LXXnij · texte numérisé non relu

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Il quitta son manteau et s'engagea dans le désert. Après une semaine, son frère le vit revenir et frapper à la porte de sa cellule : « Qui es-tu? demanda-t-il. — Je suis Jean. » 11 refusa de lui ouvrir. « C'est moi », criait l'autre sans plus de succès. Cela dura jusqu'au point du jour. Le frère dit alors à l'imprudent: «Reconnais que tu es un homme et qu'il te faut travailler pour vivre. » L'expérience lui avait ouvert les yeux; il se jeta anx pieds de son frère aîné en lui disant : « Pardonne-moi, abba^. »

Saint Cyrille d'Alexandrie approuvait sans réserye ceux qui n'admettaient pas dans leur communion les partisans de ces théories dangereuses ^

Les moines pénétrés de l'esprit de leur état accordaient sans peine l'obligation de travailler et la loi de la prière.

L'abbé Lucios reçut un jour la visite de quelques frères. Il leur demanda quelles occupations remplissaient habituellement leurs journées : «Nous, répondirent-ils, nous ne travaillons pas des mains. L'Apôtre a dit de prier sans cesse, cela nous suffit. » L'abbé leur posa cette autre question : « Mangez-vous? — Evidemment; — Quand vous mangez, qui donc prie pour vous? » Ils ne surent que lui dire. « Est-ce que vous dormez? — Oui. — Mais lorsque vous dormez, qui prie à votre place?» Ils ne furent pas moins embarrassés. « Votre vie, ajouta l'ancien, n'est pas conforme à vos paroles. Laissez-moi vous exposer comment je parviens à prier sans cesse en travaillant des mains. Je m'assieds dès le matin, et Je fais des tresses avec des feuilles de palmier ; pendant ce temps je prononce au fond du cœur cette prière : « Ayez pitié de moi, « Seigneur, dans votre grande miséricorde, et suivant les innom- « brables effets de cette miséricorde, détruisez mon iniquités » Je distribue aux pauvres la moitié du fruit de mon travail; cela me tient lieu de' prière pour la rémission de mes fautes, durant mon sorrimeil et mes repas'*.

Cette union de la prière et du travail était habituelle aux moines égyptiens. Ils allaient jusqu'à tresser des nattes pendant la psalmodie nocturne 5. Le travail auquel ils se livraient pendant le jour leur permettait facilement de s'entretenir avec Dieu. A Tabenne,

\. Verbasenioruniy'jô^. '

2. S. Cyrille Alex., Adv. aiitbropomorpbUas, P. G., LXXVl, 1076-1078. •3. Ps. IV, !..

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