‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 342 sur 520 · S. Ephrem, Parmi. 27, p · texte numérisé non relu

S. Ephrem, Parmi. 27, p

qu'ils s'occupent. Il leur est donc interdit d'entretenir dans leur âme ces pensées et encore moins de s'élever au-dessus des frères qui n'ont pas le même succès '. Cassien eut occasion d'admîr rer, sur ce point, l'humilité et la simplicité des solitaires de l'Egypte et de la Thébaïde. 11 en trouva qui fournissaient aux frères tout ce dont ils avaient besoin, sans ouvrir leur cœur à la moindre pensée d'orgueil ^ Mais tous ne pratiquaient pas cette vertu avec la même ferveur.

L'égoïsme et la vanité troublaient parfois les cénobites durant leur travail en commun et semaient parmi eux des dissensions fâcheuses. Pour éviter cet écueil, on les. invitait à se montrer humbles,. généreux et charitables s. Cassien raconte l'histoire d'un religieux qiii donnait régulièrement à l'économe ce qu'il était tenu de faire; rien au monde ne l'aurait déterminé à augmenter sa tâche quotidienne. Mais son amour-propre craignait toute comparaison avec Un frère plus vaillant, qui ne se serait pas contenté du strict devoir. Lorsiqu'un postulant arrivait au monastère, il l'examinait attentivement, se mettait en relation avec lui, calmait son ardeur au travail et, s'il lé trouvait irréductible sur ce point, il tâchait de le déterminer à partir^.

■ L'histoire monastique fournit par ailleurs de beaux exemples de zèle et de dévouement. Des moines étaient sortis la nuit pour une besogne extraordinaire. 11 faisait froid. L'un d'eux, se trouvant indisposé, rentra dans sa cellule; ce qui provoqua bientôt des mécontentements et dès murmures. Un frère, qui alla lé chercher, raya:nt trouvé malade, l'invita à rester tranquille, sans se préoccuper de la tâche qu'il devait remplir. « Nous travaillerons pour toi », lui dit-il. L'infirme, que ce témoignage de charité fraternelle toucha profondément, lui répondit : « Que votre charité se souvienne que mon désir était de travailler avec vous ; mais la maladie m'en empêche ï^. »

Saint Ephrem donnait comme une des premières manifestations de l'orgueil dans le cœur d'un cénobite le refus d'aider un frère, autant que ses forces le permettaient 6. Il recommandait aux hom-

u s. Ephrem, 26^ p. 114.-

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