Ibid., 80, p
mes robustes' et capables d'Uii travail prolongé de ne point dédaigner ceux quiMi'êtaient pas aussi fortement constitués, et de prêter généfeu-sement leur concours' aux infirmes'; c'était le moyen de: s 'àssiîi'ef U ne part aux mérites^de leurs infirmités i . Pou r appuyer seS' conseils sur l'autorité de l'exemple, il parlait de deux moines occupés la nuit à préparer du lin. La corde dont l'un se servait étant venue à se rompre, l'autre sentit l'irritation lui monter au coéiir. Mais il domina ce premier mouvement de colère, et, dans le but d'atténuer là- peine que cet incident pouvait causer à son compagnon, il* brisa sa propre corde, avec tant de dextérité qu'on ne put le soupçonner de l'aVoir fait lui-même 8.
Le moine n'était pas abandonné aux caprices de sa volonté dans le choix de son travail. L'obéissance devait toujours le consacrer. Un frère demandait à un ancien : « Que faut-il que je fasse ? 6e tralvafil des mains est pour moi une source d'ennuis. J'aime beaucoup fàir€ des nattes, et cela ne m'est pas possible. >> L'ancien, pôiir le mettre en garde contre le désir de suivre son goût personnel, lui rappela cette rnàxime de l'âbbé SisoéS : « Il ne nous faut jamais faire une besogne parce qu'elle nous plaît 3. » La volonté de Dieu, manifestée soit par la nécessité, soit par leb ordres des supérieurs, était la règle souveraine des occupations monastiques.
Lé religieux n'avait qu'à se laisser conduire par la voix de l'obéissance, s'il ne voulait pas devenir l'esclave de la recherche de soi-même, de la vaine gloire, de l'avarice ,^ ou de ses appétits vulgaires, et par ce ce moyen sortir du renoncement qui sied à son état^. Pendant soh travail, il reste toujours sous le joug de l'obéis-' sàiiee» Le supérieur peut seul le déranger de sa besogne, déclarait saint Basile; nul autre n'a d'ordre à lui donner s. Saint Pakhôme n'était pas moins exigeant. On ne se mettait jamais à l'œuvre
1. s. Ephicm, 38-40, p. 311, cf. Isaïe, OraUo, V, P. G., XL, 1 123-1 124.