‹ Les moines d'Orient antérieurs au Concile de Chalcédoine (451) [microform]Chapitre 345 sur 520 · Cassien, Iiist., 1. iv, p · texte numérisé non relu

Cassien, Iiist., 1. iv, p

voulut pas aller mourir à l'infirmerie, préférant terminer sa vie au travail. Il avait planté tous les arbres du jardin; Son grand esprit de mortification l'empêcha de goûter un seul fruits.

Un certain nombre de religieux étaient occupés à la boulangerie. 11 y en avait à la forge, à la fabrique d'étoffe, à la tannerie, à la cordonnerie et à la confection des nattes et des corbeilles ^ On ne comptait pas moins de quinze tailleurs, sept forgerons, quatre menuisiers, quinze teinturiers, vingt tannieurs, quinze cordonniers, vingt jardiniers, dix copistes, douze chameliers, autant de faiseurs de couffeset de cinquante cultivateurs 3. Les religieux étaient groupés suivant leur métier; cela rendait la besogné plus facile. Chaque atelier avait un chef, qui devait compte de tout au supérieur'^.

Les soins de l'agriculture, la cueillette des joncs et des branches de palmier, et des occupations analogues exigeaient parfois qu'une grande partie de la communauté s'en allât travailler hors du monastère. Au signal donné, les moines partaient tous ensemble, le prieur en tête, sans s'informer du lieu où ils allaient. Personne ne restait à la maison, s'il n'y était autorisé par l'abbé. Chacun marchait à son rang, méditant en silence les divines Ecritures. Le travail se faisait de même en silence. On ne pouvait sans permission s'interrompre et s'asseoir. La règle demandait au prieur de ne pas irriposer aux frères une tâche trop lourde. Si un étranger adressait la parole, le portier, ou, â son défaut, un religieux désigné par le supérieur, avait seul le (droit de lui répondre s. Ces travaiux hors de là rnâison duraient parfois un certain temps. L'abbé Théodore passa neuf jours avec cent vingt moines, occupés à cueillir les joncs nécessaires à là fabrication des nattes ^. Il alla, dans une autre circonstance, couper du bois sur une montagne ; quarante religieux raccom]pagnaient. Il y en avait quarante autres à une journée de marche Sous la direction de l'abbé Isidore '^. A une époque où l'on avait d'assez importantes constructions à faire y un groupe nombreux d;e nïoines coupaient dès arbres dans une île et faisaient subir- au bois les préparations nécessaires. Ils y restèrent longtemps. Les

i. Paràlipoinena, 29-^0, ^cta Sanct., ibid, 342-^43. 2. Pallade, Hisi. laus., XXXIX, P. G., XXXIV, 1 103. ■3. Vie arabe de S.Pakhôme, A. D. M. G., XVII, 376^378.

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